Corps entre cyber et électricité
Nous sommes les fils et les filles de l’électricité, Laroche et Grenier

Corps, affect et expérience immersive

Considérant les nombreux éléments qui déterminent l’expérience d’une œuvre, les concepts de capacité, d’intensité et de qualité, qui caractérisent l’affect, jouent un rôle important[i].

Au sens philosophique, l’affect est directement lié à la conception spinoziste de ce que peut un corps. Celle-ci comporte deux inflexions principales. Au premier sens d’affectio, l’affect évoque la capacité d’être affecté ou d’affecter d’un corps; au second sens d’affectus, il met en relief la relation d’un état de choses à un autre, un passage ou une transition dans la durée (Deleuze, 2003 [1981], p. 68-69). Cette relation se manifeste par des accroissements ou des diminutions de rythme, par des coupures brusques ou enchaînées d’un segment à un autre, des croisements d’éléments inorganiques, non vivants, matériels ou immatériels, et par des extensions dans des lieux connectés, etc. Dans une perspective inclusive et transversale, l’affect est conçu à la fois en tant que force, intensité ou qualité en échange constant avec un ou des corps et en tant qu’émotion lorsque la rencontre esthétique du corps entraîne des réactions individuelles et collectives, notamment avec un cyberdispositif.

De quel corps s’agit-il ? Il est bien sûr question du corps humain, mais en relation avec le corps de l’œuvre. Le corps, c’est-à-dire le nôtre et celui d’autrui, est le médium vivant du dispositif installatif avec lequel il s’écologise. Ainsi, la relation du corps avec cet environnement devient écologique (Guattari, 1989) où diverses dimensions se rencontrent, s’opposent et s’additionnent. Pour Guattari, l’écologie ne se réduit pas à la dimension environnementale, elle comporte aussi une dimension mentale (individuelle) et une dimension sociale (relationnelle), qui constituent l’écosophie (2013). Et, selon les propositions immersives, le corps de l’œuvre englobe une variété infinie de transformations corporelles, figure cinétique et dynamique, par exemple larvaire, embryonnaire, greffée, implantée ou amputée, déformée, exsangue ou stylisée. Dans chacune des extensions du dispositif qu’il emprunte, le corps du. de la participant.e s’écologise avec le milieu de l’œuvre.

Durant cette écologie qui se développe lors de l’immersion, le corps se frotte à des temporalités superposées, chronologiques et uchroniques et à des espaces délocalisés, réagencés. Secoué, il amorce une déshabituation de ses repères en tentant une réhabituation. Même après s’être délesté du dispositif, le corps ressent une transformation subtile ou marquée.

Cybercorps

Nous sommes les fils et les filles de l’électricité, 2016 © photo courtoisie du projet EVA-Simon Laroche et Étienne Grenier
Nous sommes les fils et les filles de l’électricité, 2016 © photo courtoisie du projet EVA – Simon Laroche et Étienne Grenier

Dans le cadre du dossier Cybercorporéités et subjectivités et en regard de l’installation Nous sommes les fils et les filles de l’électricité de Laroche et Grenier voyons comment le corps en immersion est affecté par les effets des cyberdispositifs.

Essayons d’abord de comprendre ce que l’on entend par le terme « Cybercorporéités ». Rappelons que cyber, du grec Kubernân, veut dire « gouverner » et Kubernêtikê « gouvernail ». Ainsi « Cybercorps » désigne un corps gouverné. Dans le cas de cette expérimentation esthétique, il évoque un corps gouverné par un dispositif numérique et réseautique. Rappelons aussi que « corps » provient du latin corpus ou du grec soma, deux racines qui comportent des inflexions distinctes. Corpus peut se définir par un ensemble d’éléments qui constituent une figure ou une forme vivante, artificielle, tandis que soma se définit par une anatomie dotée d’un fonctionnement d’organes internes constitutifs du corps vivant.

Retenons ici trois définitions qui mettent en relief les dimensions transformationnelles, imaginaires et écologiques d’un corps sous l’emprise du concept cyber : le corps en devenir de Deleuze et Guattari, le corps image de Bergson et le corps événement de Whitehead.

Premièrement selon le concept du corps en devenir, Deleuze et Guattari écrivent dans Libération:

Ce qui compte ici, ce ne sont plus des entités polarisées, réifiées, mais des processus machiniques, qu’avec Gilles Deleuze, j’appelle des devenirs : des devenirs sexuels, des devenirs plantes, des devenirs animaux, des devenirs invisibles, des devenirs abstraits. (Guattari, 2013, p. 194).

Deuxièmement la notion du corps en devenir peut être rattaché à la conception de Whitehead :

Les parties du corps sont en fait des portions de l’environnement de l’Événement corporel total, articulées de telle sorte que leurs aspects mutuels, les uns (préhendés) dans les autres, modifient de manière particulièrement efficace la structuration des unes et des autres (Whitehead, Science and Modern World, 149-150/176-178). (Stengers, 2002, p. 213).

Lors de son devenir, le corps participant à une expérience immersive s’étend hors de ses limites corporelles par ses relations avec diverses parties de l’environnement naturel, artificiel ou technoartistique. Dans l’œuvre de Simon Laroche et Étienne Grenier[ii], cela signifie que dès notre entrée dans la salle d’exposition, la température de l’air, l’éclairage, l’ambiance, mais aussi le parcours scénographique et l’installation du casque à ajuster, sans oublier la performance avec 15 autres participant.e.s, constituent des paramètres avec lesquels nous nous écologisons.

Troisièmement d’un point de vue global, Bergson relie l’univers et le corps par l’image :

Tout se passe comme si, dans cet ensemble d’images que j’appelle l’univers, rien ne se pouvait produire de réellement nouveau que par l’intermédiaire de certaines images particulières, dont le type m’est fourni par mon corps. (1999 [1939], p. 12-13).

Cette conception de Bergson n’est pas sans préfigurer à la fois la découverte des neurones miroirs par les travaux de Rizzolatti et Sinigaglia et celle du double corporel virtuel par Berthoz. D’un côté, les neurones miroirs révèlent les images en soi de ce qu’un autre corps exécute dans notre champ de vision. De l’autre, ces images sont constitutives du corps virtuel, le double de notre corps en chair et en os. Dès lors, il est question non pas du corps vécu, mais du corps en acte (Berthoz et Andrieu, 2010) ou du corps vivant qui «agit en personne, à l’insu du sujet conscient et contre sa volonté, par la motricité progressive de son action» (Andrieu, 2014, p. 63).

Sans occulter sa constitution anatomique et son fonctionnement physiologique, puisque le corps vivant somatise avant même d’en prendre conscience, dans le contexte immersif et participatif le corps se caractérise par ce qu’il peut, par ses capacités d’affecter et d’être affecté. De plus, loin d’être unique et séparé, le corps abrite une agglomération d’états de corps.

Si le corps se trouve donc être le site externe et interne des affections, des images et des sons, des vibrations et des résonances, des courants qui le traversent, on peut dire que c’est un corps image ou corps figure.

Si le corps est l’interface, qui capte et émet, des manifestations de l’œuvre avec laquelle il s’engage on peut dire que c’est un corps interface.

Si lors de l’expérience immersive, une connaissance du corps en acte s’institue entre l’attention, l’engagement et le déploiement du dispositif, on peut dire alors que c’est un corps savoir.

L’expérience immersive ou interactive est d’abord et avant tout somatique, traversée d’affects, c’est-à-dire de forces, de qualités et d’intensités, avant de devenir sémiotique, c’est-à-dire élaborée  par le langage et la pensée. Bref le corps devient autre. Il s’écologise. En regard des trois définitions et en extrapolant l’interrogation « Que peut un corps » de Spinoza, la question devient « Que peut un cyber corps ? » en relation avec l’œuvre suivante.

Nous sommes les fils et les filles de l’électricité,

Simon Laroche et Étienne Grenier

 


NSFFDE from Projet EVA on Vimeo.

Laroche et Grenier qualifient leur œuvre d’hybride, entremêlant performance, spectacle participatif et art numérique. En s’inspirant des expériences de manipulations mentales, utilisant des psychotropes, mises en place par la CIA dans les années 1950, ils ont réalisé une mise en scène avec la participation volontaire de 16 participants, en vue de « reprogrammer » leur état mental, de leur faire vivre une belle expérience, possiblement thérapeutique. L’œuvre peut se résumer en 5 moments importants :

1er moment celui de l’attente à l’extérieur de la salle où le public peut consulter des livres ;

2e moment où l’on nous demande de remplir un questionnaire sur un ordinateur. Il faut répondre à des questions objectives au Je, vrai ou faux, et à des questions intimes : « Avez-vous vécu un événement difficile, avec quelle émotion, voulez-vous en parler ? Avez-vous menti ? »). Puis on nous attribue un numéro de 1 à 16, ensuite et on nous invite à déposer nos effets au vestiaire ;

3e moment  celui de l’appel des numéros. Nous devons nous diriger dans une salle obscure vers une chaise, où l’on nous installe un casque sur la tête, un micro et un picoprojecteur (référence) ;

4e moment  celui de l’immersion. Le picoprojecteur éclaire et colore la figure de la personne avec qui on est jumelé. À un moment donné, la voix propose de tenir les mains des personnes à côté de nous, cela est censé nous faire éprouver un sentiment collectif. Elle nous suggère aussi de répéter des phrases comme par exemple : « Nous sommes les fils et les filles de l’Électricité ». Cette voix aux tonalités rassurantes, appuyée par une trame musicale d’inspiration de film de science fiction ou de musique New Age, nous guide dans l’expérience.

5e moment celui du retour à la « normale ». Délestés de tout appareillage, on sort de la salle en échangeant quelques mots avec notre partenaire et en retrouvant peu à peu notre corps dans sa condition sociale habituelle ainsi que notre anonymat.

Constats expérientiels

L’expérimentation de cette installation a fait surgir en moi, entre contrastes et paradoxes, une série de réflexions et de sensations, en voici ici les principales :

Le corps captif et la tête parasitée, nous sommes un corps sous influence.

Le jeu de regard avec une personne inconnue est à la fois subtil, discret, fuyant ou intrusif. Il est particulier de regarder droit dans les yeux une personne inconnue en face de nous durant plusieurs minutes. D’ailleurs, où regarder ? Dans les yeux, en haut des yeux, entre les sourcils, à côté ? Ma partenaire et moi avons alterné entre regarder à travers le visage ou directement dans les yeux.

Une voix rassurante mais directive nous invite à relaxer, dans un exercice de thérapie collective alimenté par un système de contrôle. Elle formule des consignes, instructions comportementales comme les appellent Laroche et Grenier, parfois contradictoires. Elle exerce un contrôle sur nous, gentiment, doucement, mais assurément.

La scénographie, doublée d’une courbe dramatique tracée par la musique de plus en plus intense et les couleurs plus contrastées induit un certain suspense. Et quand la musique devient plus forte, une tension semble monter en nous.

Paradoxalement, nous éprouvons un certain malaise devant l’aspect ludique de l’expérience.

Il s’ensuit une douce tyrannie du rapport humain-machinique car nous devenons captivés, capturés, contrôlés.

Pour en connaître plus sur cette expérience, mentionnons un article qui a été publié dans INTER art actuel #125 en 2 volets (p. 29-32), et qui présente, d’une part, la démarche du projet EVA par Simon Laroche et Étienne Grenier, et, de l’autre, un récit expérientiel de Fanny Georges, collègue sémiologue française. Georges confie divers moments qui l’ont troublée elle aussi. Ainsi lorsqu’elle remplit le formulaire, elle se sent angoissée par certaines questions jusqu’à mentir, dit-elle, craignant qu’on lui demande d’en parler durant l’expérimentation.

Nous sommes les fils et les filles de l’électricité, 2016 © photo courtoisie du projet EVA-Simon Laroche et Étienne Grenier

Points critiques

Nous avons certainement tous déjà répondu à un questionnaire, psychométrique, médical, statistique ou autre, qui sert à diagnostiquer notre état selon une grille d’analyse, aussi le questionnaire et les interprétations du logiciel de l’expérience de cette performance, loin d’être anodins, peuvent générer chez le.la participant.e une certaine anxiété.

Malgré un mode ludique et esthétique assez agréable, la sensation de captivité du corps durant l’expérimentation est très présente. Assis, équipés d’un appareillage audiovisuel, il faut respecter les consignes. Avec une certaine appréhension on se demande jusqu’où ira ce jeu ?

Alors qu’on est conscient de n’être qu’un individu exécutant des consignes, on se rend compte alors que l’anonymat prend diverses formes, d’abord pendant l’attente avec des inconnus avant d’entrer dans la salle, puis après la déconnexion du dispositif nécessaire à l’expérience. Avant, c’est l’appréhension face à l’inconnu, marquée par les procédures qui nous introduisent à une expérience inédite. Après, c’est le sentiment d’avoir été un corps sous emprise cybernétique et artistique et d’avoir formé un corps collectif sous influence d’affects variés.

Durant cette expérimentation qui a duré plus d’une heure, on peut dire que le corps s’est transformé en corps figure, corps interface et corps savoir, sujet et objet de l’expérience proposée.

Soulevant de nombreuses questions politiques et éthiques, cette expérience nous permet de développer une posture critique. Sous l’apparence d’un divertissement et d’une expérience relaxante, il est question ici de manipulation et de contrôle, que cela soit intentionnel ou pas. Il y est question aussi des directives imposées insidieusement à un corps qui se trouve alors gouverné par un cyberdispositif et il y est aussi question des effets psychophysiques de l’électricité et de l’électronique sur le corps et l’esprit.

En effet, le courant passe via des éléments tactiles, chromatiques et sonores. À un moment donné les mains se touchent avec moiteur, chaleur ou froidure, mollesse, fermeté ou rigidité. Pendant que nous sommes gouvernés via les écouteurs et le picoprojecteur, nous sommes touchés, par le son, par la lumière et par les couleurs, mais aussi au sens affectif du terme. Puis, à la fin, la coupure de l’électricité nous renvoie au flux habituel de l’espace social où circulent, à notre insu, d’innombrables ondes et corpuscules de forces, de qualités et d’intensités. Cette posture critique peut ensuite se répéter dans nos rapports perceptuel et moteur avec d’autres dispositifs de notre quotidien.

Nous sommes les fils et les filles de l’électricité, 2016 © photo courtoisie du projet EVA-Simon Laroche et Étienne Grenier

Ainsi le corps contrôlé par un cyber dispositif est non seulement le site de points de vue variés de formes et de figures métonymiques du corps sous contrôle, mais aussi l’ancrage du point d’être (Miranda de Almeida et de Kerckhove, 2014 ; Boisclair, 2015e), extensif et mobile, dans l’espace-temps connecté.

Pour conclure on peut dire que l’impact de la technologie sur la psyché est facilité par la domestication de l’électricité. Celle-ci facilite la projection des images et des sons, d’un corps à l’autre. De surcroît, nous avons et nous sommes un corps électrique, qui lui-même est une portion de l’environnement corporel global selon la définition de Whitehead. Enfin, comme le rappelle Derrick de Kerckhove (2018), nous sommes passés de l’oralité à l’alphabétisation puis à l’électricité. En cela nous sommes devenus les fils et les filles de l’électricité.

Références

ANDRIEU, Bernard. 2014a. Donner le vertige. Les arts immersifs, Montréal, Liber.

BERGSON, Henri. 1999 [1939]. Matière et mémoire, Paris: Presses Universitaires de France.

BERTHOZ, Alain et Bernard Andrieu (dir.), (2010). Le corps en acte: Centenaire Maurice Merleau Ponty, Nancy, Presses universitaires de Nancy, coll. « Épistémologie du corps ».

BOISCLAIR, Louise. (à paraître). De l’expérience immersive à l’événement esthétique, entre affect et émotion, 192 p. (éditeur à confirmer).

________. 2018. « Corps entre cyber et électricité ». Dans le cadre de Colloque Cybercorporéités: subjectivités nomades en contexte numérique. Colloque organisé par Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire. Montréal, Université du Québec à Montréal, 29 septembre 2018. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain, UQAM. <http://oic.uqam.ca/fr/communications/corps-entre-cyber-et-electricite>.

________. 2015. L’installation interactive. Un laboratoire d’expériences perceptuelles pour le participant-chercheur. Québec : Presses de l’Université du Québec, coll. « Esthétique ».

________ (2015). « The Point of Beeing de Derrick de Kerckhove et Cristina Miranda de Almeida », recension, Cygne Noir, en ligne : <http://revuecygnenoir.org/recension/the-point- of-being-de-kerckhove-miranda-de-almeida >

 COLLOQUE Cybercorporéités: subjectivités nomades en contexte numérique. octobre 2017. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain, UQAM. <http://oic.uqam.ca/fr/biblio/colloque-cybercorporeites-subjectivites-nomades-en-contexte-numerique>

DE KERCKHOVE, Derrick. 2018. « The tactility of the global body (fear and loathing) ». Dans le cadre de Colloque Cybercorporéités: subjectivités nomades en contexte numérique. Colloque organisé par Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire. Montréal, Université du Québec à Montréal, 28 septembre 2018. Texte. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. <http://oic.uqam.ca/fr/communications/the-tactility-of-the-global-body-fear-and-loathing>.

DE KERCKHOVE, Derrick et C. Miranda de Almeida (ed.). (2014). The Point of Beeing, Newcastle, UK, Cambridge Scholars Publishing.

DELEUZE, Gilles. 2003 [1981]. Spinoza. Philosophie pratique, Paris, Éd. de Minuit.

GRENIER, Étienne, LAROCHE, Simon, GEORGES, Fanny. 2016. « Nous sommes les Fils et les Filles de l’Électricité », Revue Inter, Art actuel (Canada), n°125, p. 28-32.

GUATTARI, Félix, 2013. Qu’est-ce que l’écosophie ? Paris, Nel.

________. 1989b. Les trois écologies, Paris, Éd. Galilée.

 STENGERS, Isabelle. 2002. Penser avec Whitehead. Une libre et sauvage création de concepts, Paris, Éd. du Seuil.

Site Internet

http://projet-eva.org/projet/nous-sommes-les-fils-et-les-filles-de-lelectricite/

Notes:

[i] Voir Louise Boisclair, De l’expérience immersive à l’événement esthétique: entre affect et émotion, (éditeur à  confirmer), 192 p., issu de ma recherche postdoctorale supervisée par le professeur et auteur Brian Massumi spécialiste international de l’affect.

[ii] Je remercie bien sincèrement les artistes Simon Laroche et Étienne Grenier du projet EVA de permettre à Archée de diffuser leurs photos et leur vidéo de Nous sommes les fils et les filles de l’électricité.