Sommaire 11_2011

À la rédaction : Christine Palmiéri.
À la mise en ligne et au traitement des fichiers : Jason Martin.

Entre fixation de traces de vie et de mort, capture du mouvement et interactivité sonore et visuelle, l’image expose son propre processus d’émergence, nous renvoyant de façon spéculaire à nos affects dans un ravissement qui en démontre encore le pouvoir, souvent, décrié par Platon mais aussi par certaines religions. Force est de constater que sa manipulation par les nouvelles technologies en renforce les effets comme l’analysent les auteurs de ce présent numéro, Marc Boucher, Corinne Streicher Anglade et Denyse Therrien et comme nous le donne à voir la vidéo de Manuel Chantre où l’image fragmentée et démultipliée dans l’espace nous transporte dans la mouvance de ses flux lumineux. 

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Memorsion, 2010 de Manuel Chantre
Installation immersive, interactive

Memorsion est une réflexion sur l’architecture urbaine et les traces culturelles que portent les lieux oubliés, abandonnés et non fonctionnels. Le public est invité à circuler à l’intérieur de cet univers englobant et interactif pendant que l’artiste, Manuel Chantre, performe.

Des vidéos présentant  des fragments de structures de ville, d’espaces de bétons, d’édifices, de tunnels et de murs tapissés de graffitis ainsi que des parties de corps humains, sont projetées sur un dispositif constitué de vingt-deux toiles translucides.

Le paysage familier et urbain se transforme et s’assemble dans un nouvel espace unique et fictif. Ainsi par l’utilisation d’images renvoyant à des référents culturels de forte prégnance et à des motifs à la limite de l’abstraction, Memorsion stimule et provoque les associations personnelles.

La vidéo est aussi utilisée en tant que matière lumineuse qui sculpte le dispositif et l’espace écranique. Memorsion se situe à la jonction de l’art numérique, du cinéma et de la sculpture immersive.

Depuis 2009, Manuel Chantre développe ses propres dispositifs immersifs audiovisuels comme Dispergere Maiz qui porte sur les symboliques du maïs.

Avec le collectif Popcore Duo, Chantre et Simon Laroche explorent de nouvelles voies d’expressions en combinant la participation du public, l’interactivité et la création de contenu audio et visuel en directe. Leurs performances sont présentées par une mise en scène inspirée de la déconstruction et de la subversion des symboles de la culture populaire.

Chantre s’intéresse également au détournement de vieilles consoles de jeux vidéos par son projet de musique Taxi Nouveau et en tant que membre fondateur de Toy Company, un collectif d’artistes chiptune de Montréal.

Ses nombreux projets ont été présentés lors de festivals internationaux et d’autres événements au Canada, en Belgique, en France, aux Etats-Unis, en Suisse, en Hollande et à Taiwan.

Chantre s’implique dans l’enseignement et le développement d’activités pédagogiques en arts technologiques à la SAT et dans les écoles et les organismes culturels.

http://www.manuelchantre.com


Articles

Capture de mouvement, capture de performance et danse virtuelle

Marc Boucher

À partir d’une réflexion sur la notion de danse virtuelle dans l’art de Loïe Fuller, pionnière de l’utilisation des éclairages électriques à la scène, suivi d’un panorama de la danse virtuelle, telle qu’on peut l’entendre aujourd’hui, cet article se penche sur la question de la capture de  mouvement. Les techniques d’animation et de visualisation numériques permettent non seulement de créer des avatars porteurs d’une « signature de mouvement », mais aussi de générer des nouvelles formes d'art hybride, comme l’a notamment fait William Forsythe à Ohio State University. L’auteur paraphrase Kant en soutenant qu’avec la capture de mouvement on ne règle pas le mouvement sur les objets, mais les objets sur le mouvement. Par aileurs, il critique l’emploi de la capture de mouvement en danse quand les avatars se révèlent être des aberrations « morpho-kinesthétique ». 

Voguet et Boisnard : téléportation musico-visuelle

Denyse Therrien

Réflexions devant Origines transposées, performance de Jean Voguet et Philippe Boisnard réalisée au Centre GRAVE à Victoriaville dans le cadre du 27e FIMAV. Production en direct où musique acousmatique et projections d'images de synthèse interagissent selon la performance des artistes.


Devant la mort. « The Dead » de Jack Burman

Corinne Streicher Anglade

Comment l'énigme originelle qui noue la mort à l'art reste à l'œuvre dans le travail du photographe Jack Burman : Voilà ce qui représente l'enjeu de notre interrogation, tant d'un niveau processuel autour du paradigme de l'imago et de ses aspects funéraires, ou pour des motifs philosophiques qui inscrivent la mort et la disparition au cœur de la série «The Dead». À partir d'une tradition historique et artistique établie autour de la représentation de la mort, nous reconnaîtrons des parallèles construits comme un dialogue autour de la question générique de la disparition ramenée par l'imago, l'empreinte toujours agissante dans une temporalité hétérogène autour de la récupération d'une tradition, celle du portrait post mortem. Perpétuation de la mémoire, objet de culte, la série photographique de Jack Burman expose une radicalisation autour du traitement visuel du cadavre. Pris ici comme un morceau de réflexion dans l'histoire de l'art, la série «The Dead» se constitue comme le prisme de tout un destin artistique et humain.

Du conscient et de l'inconscient de l'homme à la nature : le caché et le révélé

Denyse Therrien

Regard sur les séries photographiques de Roger Ballen et de Normand Rajotte, présentées lors de la 12e édition du Mois de la photo à Montréal, sous le thème Lucidité. Vue de l'intérieur, proposé par la commissaire invitée Anne-Marie Ninacs. Cet article observe l'univers que ces deux photographes mettent en scène et analyse ce qui les oppose ou les rapproche.



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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier du Centre interuniversitaire des arts médiatiques (Hexagram/CIAM), du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l’UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQAM (CEP), ainsi qu’à une subvention, pour une douzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).