À la rédaction : Christine Palmiéri.
À la mise en ligne et au traitement des fichiers : Jason
Martin.
Ce numéro d’Archée rend compte des réflexions et des effets suscités par les nouvelles esthétiques élaborées dans le cadre de pratiques artistiques utilisant des dispositifs technologiques complexes non seulement comme moyens mais comme matériaux poétiques et esthétiques chargés d’importants questionnements philosophiques et éthiques sur le devenir de l’art et de l’humanité. Les textes des auteurs réunis ici témoignent du souci de conservation des œuvres électroniques et interactives, d’une inquiétude devant le statut des œuvres dans l’histoire et dans les lieux réels ou virtuels qui les accueillent, mais aussi d’un espoir dans le partage communicationnel et de l’augmentation de nos capacités cognitives et sensibles.
L’usinage et l’emploi de la prothèse neurophysiologique à part d’occasionner des difficultés techniques et médicaux, posent un problème philosophique nouveau : puisque on est sur le point de franchir le seuil de l’artificialisation des fonctions cognitives, mentales et sensorielles, nous allons observer la constitution de la conscience, et en générale de la sphère subjective, à partir des données acquises et traitées par les appareils. Le poids de la pensée critique de ce type de dispositifs à venir se déplace de la traditionnelle analyse fonctionnelle vers une épistèmê de l’expérience cognitive « efficace » d’une efficacité « informative ». Il est alors évident que l’expérience esthétique, à condition de distinguer son origine biologique, peut être considérée en tant que solidaire de toutes les démarches d’artificialisation expérimentale.
Regard sur quelques « fictions médiatiques » de Grégory Chatonsky présentées chez Oboro le printemps dernier. Interrogation sur « l’esprit du réseau – le Fluβgeist » en relation avec l’esprit du temps – le Zeitgeist –, à l’ère où la frontière entre sphère privée et sphère publique tend à s’amenuiser et où les événements qui se bousculent rapidement, semblent nous interpeller plus que ce qui perdure et laisse une marque. Le Flubgeist pourrait-il rendre obsolète le Zeitgeist ?
Après l'esthétique du passage et l'anesthésie moderne, l'oeuvre d'art devient-elle aujourd'hui multimodale ? Réflexions à partir du livre L’expérience des lieux esthétiques, de Norbert Hillaire paru à L’Harmattanen 2008.
La Relation comme forme et Arts technologiques. Conservation & Restauration partagent une visée semblable mais inversée. Le premier est un recueil de textes de l’artiste-chercheur et commissaire français, Jean-Louis Boissier, republié en 2008 aux Presse du réel et le second réunit les textes d’un dossier proposé par Alain Gagnon en collaboration avec DOCAM, publié dans le n°12 d’ARTPRESS2 en 2009. Ce livre et ce dossier manifestent le souci de documenter les œuvres d’arts technologiques au fur et à mesure de leur mise en exposition et en prévision de la conservation du patrimoine. Il nous a semblé opportun de réunir ces deux recensions critiques sans toutefois les délester de leur personnalité distincte.
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Cette publication a été rendue possible
grâce au soutien financier du Centre interuniversitaire des
arts médiatiques (CIAM, Montréal), de la Faculté des arts de l’UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQAM, ainsi qu’à une subvention, pour une neuvième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).