Sommaire 06_2008

À la rédaction : Brigitte Mathis et Marcin Sobieszczanski (à titre de responsables auprès des auteurs) et Christine Palmiéri.
À la mise en ligne et au traitement des fichiers : Jason Martin.

Le vivant et l’artificiel

Brigitte Mathis et Marcin Sobieszczanski de l’Université Sophia-Antipolis de Nice présentent un dossier en deux tomes qui porte sur le thème du « vivant et de l’artificiel »

Voici le sens de leur recherche tel qu’ils l’exposent :

« Être intellectuellement à la hauteur de la complexité biologique et créer des outils de déchiffrage et de modification du vivant sont les enjeux des biotechnologies. Ce domaine suscite le plus profond différend éthique de notre temps. L'omniprésence de l'artificiel biologisé dans notre vie quotidienne préside à la rédaction de cette publication et de la prochaine, où chercheurs, artistes et philosophes débattront autour du thème du vivant et de l'artificiel. Les présentations de travaux de recherches scientifiques et d'applications cliniques, de réalisations artistiques et d'analyses intellectuelles nous offrent l'opportunité de percevoir combien les disciplines, en apparence différentes, s'articulent autour de nos préoccupations individuelles et collectives, et ouvrent la réflexion sur des interrogations qui les rapprochent ».

Ce dossier comprend des textes de philosophes, de spécialistes de l’épistémologie et des biotechnologies, d’artistes utilisant les matériaux biotechnologiques, de chercheurs et de commisaires d’expositions qui relèvent d’un travail de réflexion d’une grande rigueur intellectuelle et d’un fort souci d’exhaustivité.

Ce premier volet inclut une présentation de Brigitte Mathis et de Marcin Sobieszczanski et les textes d’Anne de Brugerolle, de Daniel Aberdam, de Jens Hauser et de Frédéric Alemany, accompagnés du texte critique de Mathilde Tassel sur l’exposition « sk-interfaces » organisée par Jens Hauser :

Marcin Sobieszczanski, enseignant à Angers, Rouen, Montréal et Paris 3, est actuellement maître de conférences à l'Université de Nice Sophia Antipolis, et co-directeur du Master 2 « Ingénierie de la création multimédia et direction artistique de projets ».

Brigitte Mathis, exerce dans le domaine de la biologie depuis 1980. Ses activités en laboratoire de recherche et de développement des biotechnologies (fusion cellulaire, production d'anticorps monoclonaux, tri et identification cellulaire) et actuelles dans un laboratoire de biologie de la reproduction (diagnostic anténatal, dépistage de la trisomie 21 par marqueurs sériques et procréation médicalement assistée) lui apportent des connaissances transversales sur les approches scientifiques de la recherche et les possibilités de leurs applications concrètes et systématiques en diagnostic.

Anne de Brugerolle, docteur en pharmacie, spécialisée en dermatologie et formée au marketing a fait carrière dans l'industrie pharmaceutique et notamment chez Novartis Pharmaceuticals, leader mondial dans l’offre de médicaments destinés à préserver la santé, soigner les malades et améliorer le bien-être. Son expertise dans différents domaines de recherche dermatologie, immunologie et transplantation et sa connaissance du développement international lui ont valu d’être nommée directrice générale de SkinEthic, spécialiste dans la reconstruction cellulaire et acquise en février 2006 par Episkin, filiale de L’Oréal.

Daniel Aberdam est directeur de Recherche INSERM et Professeur au TECHNION (Rapport Institute of the Israeli institute of Technology, Haïfa, Israël). Il dirige l’unité 898 INSERM (Faculté de Médecine de Nice, France) et le laboratoire INSERTECH (Haïfa, Israël.)

Jens Hauser est critique d’art, commissaire d’exposition, journaliste culturel, cinéaste et écrivain franco-allemand né en 1969. Il est actuellement chargé d'enseignement à la Ruhr Universität Bochum/Allemagne, a été enseignant et conférencier dans des universités et écoles d’art internationales. Il a été le commissaire de l’exposition « L’Art Biotech » au Lieu Unique de Nantes en 2003, et de l'exposition « Still, Living » à Perth, en 2007. Il a également conçu l’exposition pluridisciplinaire « sk-interfaces » à Liverpool, s’inscrivant dans le cadre du programme de Liverpool '08, Capitale Culturelle Européenne. Également réalisateur de pièces radiophoniques, d’environnements sonores et de films documentaires, il collabore régulièrement avec la chaîne de télévision Arte depuis 1992.

Après des études universitaires en philosophie, Frédéric Alemany découvre la logique numérique et la programmation informatique. Il renonce à ce travail après la guerre du golfe et un projet d’étude d’un décodeur de fax pour la police nationale. Il préfère visiblement les interfaces MIDI et les correspondances entre sons et couleurs. Le RMI lui apporte la liberté de se consacrer à la danse et au théâtre pour aboutir dans la création artistique et le théâtre de rue. Un itinéraire jalonné d’ouverture de lieux alternatifs, d’actions de rue, de créations éphémères qui le mène à croiser des pratiques multiples et à toujours revenir à son centre d’équilibre qui est la création artistique.

Mathilde Tassel est plasticienne diplômée de l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, titulaire d’un Master en esthétique – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, (mémoire : « les enjeux contemporains du dialogue art et science »). Doctorante en art et sciences de l’art, (mention esthétique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Monsieur Marc Jimenez) dont le sujet de recherche port sur les enjeux éthiques du bioart. Elle est membre du Laboratoire d’Esthétique Théorique et Appliquée (LETA) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses thèmes de recherche sont : « L’art et le défi technologique, neurosciences et esthétique ».


Présentation du thème « le vivant et l’artificiel »
Le vivant et l’artificiel

Brigitte Mathis et Marcin Sobieszczanski

Être intellectuellement à la hauteur de la complexité biologique et créer des outils de déchiffrage et de modification du vivant sont les enjeux des biotechnologies. Ce domaine suscite le plus profond différent éthique de notre temps . L'omniprésence de l'artificiel biologisé dans notre vie quotidienne, préside à la rédaction de cette publication et de la prochaine, où chercheurs, artistes et philosophes débattront autour du thème du vivant et de l'artificiel. Les présentations de travaux de recherches scientifiques et d'applications cliniques, de réalisations artistiques, et d'analyses intellectuelles nous offrent l'opportunité de percevoir combien les disciplines, en apparence différentes, s'articulent autour de nos préoccupations individuelles et collectives, et ouvrent la réflexion sur des interrogations qui les rapprochent.


SkinEthic, reconstruction cellulaire et bio ingénierie tissulaire
SkinEthic

Anne de Brugerolle

Anne de Brugerolle nous présente les techniques de reconstruction en 3D de peau et de muqueuses humaines des laboratoires SkinEthic compagnie de biotechnologie Française affiliée à L’Oréal, reconnue comme le leader mondial de la bio-ingénierie tissulaire, spécialisée en reconstruction de la peau et des muqueuses humaines. Elle développe et produit des modèles in vitro robustes et fiables qui peuvent être utilisés en remplacement de « l’essai animal » en particulier dans les domaines de l’industrie cosmétique, chimique et pharmaceutique. Ces modèles sont des outils de décision concernant la prédiction de l’efficacité et de la sécurité de produits sélectionnés en phases de recherche et développement.


Cellules souches embryonnaires humaines…
Cellules souches embryonnaires humaines

Daniel Aberdam

Cet article a pour objectif de faire découvrir les nouveaux concepts et les données expérimentales les plus récentes concernant les cellules souches embryonnaires, véritable révolution qui bouscule aujourd’hui de nombreux dogmes biologiques et d’appréhender les enjeux médicaux résultant de ces avancées récentes en termes d’approches thérapeutiques innovantes. L’exposé traite également de la découverte récente de la reprogrammation de cellules somatiques adultes en cellules « pluripotentes » ouvrant ainsi la voie à l’obtention de cellules thérapeutiques « à la carte » et compatibles avec chaque patient.


Art biotechnique : Entre métaphore et métonymie
Art biotechnique

Jens Hauser

L’ascension de la biologie jusqu’au statut de science de pointe s’est accompagnée d’une inflation de métaphores biologiques dans les sciences humaines et de l’émergence d’un éventail de processus biotechnologiques qui fournissent aux artistes de nouveaux moyens d’expression. Cet art ayant recours au génie tissulaire ou à la transgénèse produit une oscillation entre effets de présence et effets de sens (H.U. Gumbrecht). Ces bio-médias n’agissent pas comme des références ou symboles à la place du réel, mais constituent un fragment renvoyant de manière synecdotique à un ensemble vivant, tout en faisant matériellement partie de cet ensemble ainsi « représenté ». Signifiant et signifié convergent dans un rapport qui s’avère davantage de l’ordre de la métonymie que de la métaphore.


Azimuth, installation interactive et comportementale
Azimuth

Frédéric Alemany

Artiste numérique, Frédéric Alemany développe des solutions techniques d’interfaces en temps réel basées sur la reconnaissance d’images, de formes et de corps en mouvement, sur la génération graphique d’images de synthèse 3D, de flux vidéo et sur la génération sonore de sons synthétiques ou échantillonnés. Le système, installation/performance Azimuth imaginé par l’artiste, propose au public de générer un évènement graphique et sonore éphémère par son déplacement dans l’espace et par son contact avec les autres. Le dispositif fondé sur le logiciel EyesWeb permet en effet d’identifier et de repérer le déplacement de chaque personne présente sur le plateau grâce à une caméra vidéo infrarouge située au-dessus de l’espace de « jeu ». La composition graphique et sonore se fait en fonction des informations fournies par le dispositif et tient compte de la position, de la vitesse, du parcours et des relations entre les personnes.


« sk- interfaces », « la peau comme interface »
sk- interfaces

Mathilde Tassel

A partir de l’exposition « sk-interfaces, Exploding Borders in Art, technology and Society » organisée par Jens Hauser, qui se tenait à la Foundation for art and creative technology (FACT – Liverpool UK) du 01/02 au 30/03/2008, nous essayons de penser quelques enjeux soulevés par cette exposition que certains qualifient de provocation. Les notions d’interface, de limite et de transgression sont au coeur de la problématique du bioart.




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Mai 2007

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Décembre 2006

Octobre 2006

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