10/2010

Les arts électroniques et le sacré (Tome 1)

À l’inverse des nachtleben de Warburg, survivances de traces de gestuelles profanes dans les œuvres d’art funéraire relevant du sacré telles les ménades dansant sur les parois du tombeau d’Alexandre, il y aurait des traces du sacré dans certaines productions et processus artistiques profanes, notamment dans les œuvres médiatiques, tels qu’en témoignent les textes des chercheurs et des artistes présents dans ce numéro spécial (Tome 1) réalisé en partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal et la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique de l’UQAM, qui proposent un colloque en tandem sur le sujet : Art+Religion et Sacrifiction et une présentation d’œuvres réunies par Boris Groys et Peter Weibel.

Boris Chukhovich et Oksana Shatalova proposent une réflexion sur l’art d’Asie Centrale et présentent une exposition dont ils sont les commissaires et qui a lieu à Bichkek en ce moment, Fabienne Claire Caland et Bertrand Rouby interrogent la vengeance mythologique au service des jeux électroniques, Roy Ascott définit les trois réalités du cyberespace chamanique, Michaël La Chance voit dans la puissance des images technologiques la possibilité de montrer l’invisible tel le Bardo et Hervé Fischer observe une analogie entre les processus numériques et le mode de pensée de Confucius. À ces textes se greffent des dossiers visuels d’artistes dont les œuvres semblent chargées d’éléments de différents aspects du sacré tels : David Moore, Laurent Lamarche, Marc Boucher, Christine Palmiéri, Bill Viola, Hermann Nitsch, Olafur Eliasson, James Turrel, Douglas Gordon, Stellarc, Martine Koutnouyan, Joseph Lefèvre et Matthew Burton (Komodo).


Puissance du sacré


Dossier visuel montrant quelques œuvres empreintes d’une dimension sacrée, soit qu’elles en font référence explicitement, comme Study for emergence (2002) de Bill Viola, ou  the Theater of Orgies and Mysteries (2009) d’Herman Nitsch, ou soit qu’elles utilisent la puissance de la lumière, élément du sacré de plusieurs confessions religieuses, comme The Weather Project d’Olafur Eliasson (2003), ou encore The Light Inside (1999) de James Turrel, soit qu’elles mettent en scène des pratiques relevant du sacré, comme Confessions of a Justified Sinner de Douglas Gordon (2007) ou soit enfin des œuvres qui réinventent la figure d’un démiurge, comme celles de Stellarc (1992-2010) avec ses expériences robotiques.

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ART CONTEMPORAIN D'ASIE CENTRALE

« Enthousiasme » et STILLS

Oksana Shatalova

Ce texte porte sur la dernière exposition du projet intermédial STILLS qui  a été réalisé entre  2009 et 2010 en Asie centrale. Ce projet explore, de manière subjective et ironique, différentes faces de l’« enthousiasme » toujours présent dans les œuvres médiatiques des artistes centre-asiatiques à l’époque « post-sacrale », après la chute de l’URSS. C’est dans le contexte de la situation « post-communiste », perçue comme post-religieuse, que la notion d’enthousiasme, associée à la foi et à l’incroyance en même temps, révèle ces aspects paradoxaux. On observe ainsi que la mort de Dieu et la disparition des utopies n’ont pas éradiqué les sentiments irrationnels de source religieuse qui hantent toujours les artistes et les poussent à poursuivre leur quête. [suite...]

(De)SacrAsialisation

Boris Chukhovich

Après la chute de l’URSS, l’art de l’Asie centrale s’est adressé aux différentes formes et expression du sacré. Les figures archétypiques du chaman, du nomade, du derviche, etc. succèdent aux « héros positives » du réalisme socialiste. Elles sont bien accueillies sur la scène internationale qui continue de rechercher dans l’« Autre » l’exotisme. Ce texte suit les métamorphoses de ces figures, bientôt déconstruites par les acteurs principaux de la scène locale qui préfèrent une « post-soviétisation » à la nouvelle « sacralisation » de l’art centre-asiatique. C’est alors que les artistes, les critiques et les conservateurs refusent l’auto-orientalisme et quêtent d’autres formes de spiritualité ancrée sur un passé récent plutôt que sur des racines mythiques. [suite...]


Sacrifiction : programmation vidéo


Robotisation des forces maléfiques, manifestation de perceptions spectrales, profanation ou sacralisation des livres sacrés, évocation de mythes chamaniques, les vidéos de Laurent Lamarche, Marc Boucher, David Moore et Christine Palmiéri extraites de la progammation proposée par Pierre Ouellet, transcendent le sacré selon des esthétiques et des processus qui réaniment et réactualisent des relents de rites enfouis dans l’inconscient collectif. 

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ARTICLES

La techno-éthique planétaire : art, technologie et conscience

Roy Ascott

Emanuele Quinz, qui a dirigé avec Miguel Almiron Du corps à l’avatar, revient sur le contexte et les enjeux de cette publication quelques années plus tard. [suite...]

e-confucius

Hervé Fischer

Digitalisé, numérisé, augmenté, simulé, le corps est au centre des nouvelles stratégies de création, qui en détourne les formes et la fonction identitaire. L’artiste et chercheur Miguel Almiron illustre une série de projets où le corps se dissout progressivement : de la chair au simulacre. [suite...]

Vengeance au Mont-de-Piété : mythe et jeux électroniques

Fabienne Claire Caland et Bertrand Rouby

Le philosophe Antonio Caronia parcourt l’origine littéraire de la figure de l’avatar, en analysant ses premières apparitions. De Gibson à Stephenson, l’avatar impose une expérience spécifique – du double,  entre rêve et incarnation, et met en question la notion de réalité. [suite...]

Puissance imaginale de l'image technologique

Michaël la Chance

Qu’est-ce qui se passe quand les technologies capturent un corps et le transforment en image? Qu'est-ce qu'une image de synthèse ? Jacques Lafon, plus que décrire les spécificités techniques, ébauche les prémisses d'une esthétique propre à l'image de synthèse, quand le corps devient pure simulation. [suite...]


L'EXPÉRIENCE DU SACRÉ

L'expérience du sacré

Martine Koutnouyan, Joseph Lefèvre et Matthew Burton (Komodo)

L’œuvre « L’expérience du sacré » de Martine Koutnouyan, Joseph Lefèvre et Matthew Burton est une installation électronique immersive conçue pour être présenté par un cyclorama de 360°, elle est actellement présentée à Taiwan. [suite...]

Rédactrice : Christine Palmiéri.
Webmestre : Jason Martin.