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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Françoise Schein : l’art au dehors – d’une écriture

Éric Clémens

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Comment échapper à l’idée de la mort de l’art ? L’impossible mort de notre existentielle activité de dépense  se heurte à la mise en culture de l’art, sa restriction commerciale (galeries) et étatique (musées), après son accaparement privé par la bourgeoisie moderne, et la surenchère des avant-gardes qui s’épuise à leur correspondre, de formalismes en provocations…  L’œuvre de Françoise Schein répond en actes à ces menaces de mort.

Parcours surprenant – la femme pressée…  

Station Concorde 

Station Concorde

Cette vue de son installation à station Concorde du métro parisien inscrit le texte de 1789 sur les Droits de l’homme : sans espace entre les mots pour que les phrases soient l’occasion d’une lecture plus attentive, déchiffreuse, de façon à ce que le lecteur s’approprie le plus intensément ses principes – serait-ce notre sacré désacralisé, l’humanisme ?
Troisième frontière traversée, celle de l’art lui-même : au lieu d’être enfermé dans sa spécificité interne contemplative, il est entrainé dans une action commune, pratiquement ouverte au monde et cherchant plus encore à l’ouvrir.


Dyades
Dyades, Parvis de Saint-Gilles, Bruxelles, 1992


Station Concorde

Depuis cette triple traversée, de l’artiste, des arts et de l’art lui-même, Françoise Schein dit – est-ce une autre définition de l’art ? – rechercher des « glissements vers l’instable des marges » : celles-ci sont aussi bien les espaces en friche, les banlieues des villes, que les seuils de pensée par les formes neuves autant qu’engagées et l’intervention des habitants parfois dits « marginaux » des favelas ou autres lieux au ban… L’art devient un art au dehors parce qu’il est toujours « art en marges » (expression qui est celle d’un musée bruxellois qui perpétue et transforme ce qui se nommait « art des fous », sinon « art dégénéré »,  puis « art brut »), mieux encore, selon l’expression de Karine Fol « art et marges ». Ce jeu des ouvrages d’art et des marges, aux yeux de l’artiste, n’est donc pas figé en une œuvre privilégiée et monnayable, mais cherche à instituer un « rhizome », au sens de Gilles Deleuze : « Le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature. Il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l’Un ni au multiple. »

Mind mosaïque – fresque 1
Mind mosaïque – fresque 2


Mind mosaïque – wall 1
Mind mosaïque – wall 2


Les Murmures – a city tree , Les Mureaux, 2009 

 

NOTE(S)

1 Voir livre en cours sur elle aux editions Mardaga à l’intiative de l’association INTO IMAGE

 

SITE(S) CONNEXE(S)

http://www.francoiseschein.com

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).