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PROLIFÉRATION des écrans/of screens : nouveau recueil de la collection Esthétique, PUQ

Louise Boisclair

PROLIFÉRATION des écrans/of screens

PROLIFÉRATION des écrans/of screens 1 (PUQ, 2008) est le sixième titre de la collection Esthétique, dirigé par Louise Poissant (UQAM) et Pierre Tremblay (Université Ryerson). Ce livre rassemble les contributions de chercheurs œuvrant dans des disciplines différentes dans l’objectif d’élaborer une vision interdisciplinaire. D’entrée de jeu, la synthèse de Louise Poissant entrelace les apports des chercheurs tout en en soulignant les enjeux. Tandis que le résumé de Pierre Tremblay dresse le bilan des conférences et du travail d’arrière-scène qui a rendu possible le colloque interdisciplinaire sur ce même thème (seconde édition de la biennale Toronto – Montréal), qui s’est tenu à Hexagram/UQAM du 9 au 11 février 2006.

L’objet d’analyse, la prolifération des écrans, passe de « l’écran matériel, objet neutre et indifférent aux contenus qu’il projette, à l’écran considéré comme un vecteur cognitif incontournable, déterminant de nouvelles approches épistémologiques et psychologiques. Plusieurs textes insistent sur la transition et le passage d’un paradigme mécaniste à une épistémè organiciste, pressentant plus ou moins précisément les changements dans la façon de percevoir, de penser et de ressentir qui s’opèrent actuellement. »

Prolifération des écrans/of screens  

Ce sixième titre, auquel collaborent 27 auteurs de la communauté universitaire, dont certains sont également artistes-chercheurs, marque une transition importante de la collection Esthétique. Alors que les cinq ouvrages précédents contenaient uniquement des textes en français, PROFILERATION (sans accent aigu sur le E) publie chacun des 27 articles dans sa langue d’origine, soit dix-sept en français et dix en anglais. S’agit-il ici d’un nouveau tournant dans la publication française-anglaise d’ouvrage collectif universitaire au Québec?

La couverture de l’ouvrage donne le coup d’envoi : Le titre bilingue, les noms des co-directeurs, les sigles des deux universités participantes, UQAM et Ryerson, le E majuscule en rouge (qui évoque de façon polysémique, à la fois « Esthétique » et, pour cette édition « Ecran », sans oublier l’allusion à « Electroni©que ») sont superposés à l’illustration de Pierre Tremblay intitulée Continuum (2004). Celle-ci, avec son multiple fenêtrage, ses effets de masque, de miroir et de transparence, et ce qui semble être un « disque » métallique multi-usage, annonce, d’un point de vue encore perspectiviste, l’orientation du contenu. Les fenêtres évoquent des écrans à projection d’images ou des ouvertures sur la réalité extérieure.

Alors que l’écran est l’interface obligée pour réaliser de nombreuses transactions du quotidien, son omniprésence a pour effet de le rendre aussi habituel qu’essentiel. Comme le contour de nos lunettes qui semblent s’effacer dès qu’on fait le focus sur un objet, l’écran semble disparaitre dès qu’une image l’anime. Depuis plus de cinquante ans nous avons intégré la fonction divertissante, informative ou ludique de l’écran de cinéma, de télévision, de vidéo, d’ordinateur, de téléphone mobile de même que la fonction utilitaire du guichet automatique, des tableaux de bord et de l’échographie, à notre vie commune. Réceptionniste et Pdg, dentiste et radiologiste, passager et conducteur, artiste et chercheur, tous disposent au moins d’un écran, sinon de plusieurs, fixe ou mobile, grand ou miniature. Celui-ci affiche le calepin de notes, l’agenda, le bottin téléphonique ; il transporte le livre, la télé, le ciné, la video ; il visualise nos transactions financières ou artistiques, etc. Dans les talk show, les split-screens ou encore les insertions d’écrans, dans l’écran original de l’émission, montrent quasi simultanément l’émetteur du message, les réactions du destinataire et du public de même que les dispositifs de sa production et l’insertion de la téléprésence. L’écran facilite les transactions dans l’espace privé et public, prêt, en temps de crise, à passer de la fonction ludique à celle de survie ou de surveillance.

Paravent de protection ou surface d’apparition 

Déplacement cognitif  

L’effet réparateur 

 

NOTE(S)

1 PROLIFÉRATION des écrans/of screens sous la direction de Louise Poissant et Pierre Tremblay, PUQ, collection Esthétique, Esthétique des arts médiatiques, Montréal, 2008.

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Auteure, artiste multidisciplinaire, conseillère et formatrice, depuis 2006 aux Ateliers LE CHEVAL DE TROIE, Louise Boisclair offre des ateliers de créativité par le mandala et la peinture gestuelle. Durant sa carrière en communication, elle signe de nombreux articles, dont des écrits d’art pour Parcours Arts visuels et, depuis 2006, pour Vie des Arts, INTER ART ACTUEL et ARCHÉE. Elle a créé et produit une cinquantaine de vidéos dont quatre Vidéo-Mag primées. Elle a réalisé Variations sur le hook up, un film d’art expérimental, Variations sur le dépassement et L’écho du processus de création, un mémoire-création ainsi qu’un interconte numérique, Variations sur Menamor et Coma et Vitrine Cosmos, dont elle a réalisé le prototype Flash. Ses recherches actuelles portent sur l'impact du numérique dans le processus de création médiatique, la résurgence d'enjeux anciens dans les oeuvres contemporaines et la pragmatique de la réception des œuvres médiatiques, notamment interactives. Entre autres causes, elle promeut l’épanouissement des enfants victimes d’abus en collaborant à des collectifs.

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).