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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


De la représentation du corps humain en image de synthèse

Anne-Sarah Le Meur

Avec les outils d’informatique graphique tridimensionnel, initialement créés pour la conception d’objets industriels, donc très géométriques, la représentation du corps humain semble écartée. Cependant, ces outils s’étant démocratisés, et avec eux leurs usages, les nombreux espaces réalisés appellent la présence de personnages, et donc la représentation du corps humain. Mais quel corps « synthésique 1» apparaît-il au travers de ces outils géométriques ou géométrisants, quelle influence possède cette technologie sur la représentation et donc sur l’imaginaire, et qu’en penser ?

Contournements 

Au delà du réalisme 

Exceptions 

Que cherche-t-on dans la représentation du corps humain ? 

Conclusions 

 

NOTE(S)

1 Nous utiliserons « synthésique » plutôt que synthétique pour qualifier les formes créées en image de synthèse.

2 La capture initiale du volume peut sembler contredire cette thèse. Cependant, le volume saisi se détache ensuite du référent initial pour être indépendant de toute matière concrète.

3 Nous reprenons certaines catégories proposées par Marie-Hélène Tramus, « À la recherche du corps perdu, La figure humaine en image de synthèse », in Ce corps incertain de l’image, Art/Technologies, L’Harmattan, juin 1998, p. 55-60.

4 Nous avons appelé cette catégorie « espace-tube » dans notre recherche de doctorat « Création artistique en image de synthèse, expression de la corporéité », Université Paris 8, 1999.

5 Marie-Hélène Tramus, « À la recherche du corps perdu, La figure humaine en image de synthèse », in op. cit., p. 58.

6 Remarquons aussi Indo Dondaine (1995), de Hervé Huitric, Monique Nahas, Marie-Hélène Tramus, Fr, où différents règnes sont, non plus collés, juxtaposés, mais en symbiose, et fonctionnent de façon impressionniste.

7 À l’image du fonctionnement des neurones, la programmation en « réseaux neuronaux » signifie que les programmes (ou tout élément) sont capables de créer des liaisons entre eux. Il s’ensuit de nouveaux programmes, issus de ces liaisons, qui proposent de nouvelles solutions, non envisagées par le concepteur.

8 Voir nos propres recherches en image de synthèse : Aforme, Un peu de peau s’étale encore (1990), Horgest (1991-1993) et Etres-en-tr… (1994), dont des images sont en ligne.

9 Selon le terme de Stelarc lui-même, « Beyong the body : Amplified Body, Laser Eyes, and Third Hand » (1986), in Theories and Documents of Contemporary Art, a sourcebook of artistd’ writings, Kristine Stiles and Peter Selz, University of California Press, 1996, p. 427.

10 Cette étude s'est prolongée dans les textes suivants :
« L'image de synthèse et la sexualité », Isea 2000, publié en allemand in Das Alte und das Neue, Frauen und Film, n° 64, Allemagne, 2004, p. 145-153; « Corps-nombres-lumière : phénomènes colorés de Oeil-océan », in Communication, Organisation, Symboles, MEI n° 29, direction Claudine Batazi et Céline Masoni Macroix, Editions L'Harmattan, mars 2009.
Les deux textes sont accessibles en ligne : http://aslemeur.free.fr/articles/index.htm

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Marie-Hélène Tramus, « À la recherche du corps perdu, La figure humaine en image de synthèse », in Ce corps incertain de l’image, Art/Technologies, L’Harmattan, juin 1998, p. 55-60.

Anne-sarah Le Meur, « Création artistique en image de synthèse, expression de la corporéité », mémoire de thèse, Université Paris 8, inédit, 1999.

Stelarc, « Beyong the body : Amplified Body, Laser Eyes, and Third Hand » (1986), in Theories and Documents of Contemporary Art, a sourcebook of artistd’ writings, Kristine Stiles and Peter Selz, University of California Press, 1996.

Yves Netzhammer, « Les exercices produisent des champions, qui ne se souviennent pas de leur début », 2000, p. 73, in NatürlichKünstlich, Das virtuelle Bild (Artificial Life, the virtual image), Jovis Verlag GmbH, Berlin, 2001.

 

 

Biographie

Anne-Sarah Le Meur (1968, France) crée des images avec des logiciels 3D depuis le début des années 90. Confronter la rigueur de la programmation et la sensibilité confuse propre à l'art motive sa recherche. Comment créer poétiquement avec le langage de l'ordinateur ? L'invention d'un espace tridimensionnel par les nombres et les procédures peut-elle engendrer des images, des espaces, des imaginaires différents, voire même d'autres relations au corps ?

Ses diverses réalisations 3D, en temps réel ou pas, interactives ou pas, explorent certaines de ces préoccupations sous l'influence d'une culture picturale abstraite. Ses images demeurent fortement organiques, voire sensuelles. Elle a étudié certains aspects du processus de création par programmation dans son doctorat et ses publications.

Après avoir enseigné 2 ans en Allemagne (Université Bauhaus-Weimar, 1995-1997), A-S Le Meur enseigne l'art numérique à l'Université Pantheon-Sorbonne Paris 1 depuis l'an 2000.

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).