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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Avatar, de James Cameron : Considérations technomédiatiques et archétypales.

Éric Vennetilli

Puisque les clichés de surenchère journalistique se bousculent concernant ce qu’il faut bien appeler  l’Évènement Avatar, il est urgent de revenir à l’essentiel. Une fois de plus le public se délecte de son lot d’ultimatismes : plus gros budget de l’Histoire du Cinéma (trois cent millions de dollars), un milliard au box-office en quelques semaines, une technologie « révolutionnaire ». Voilà de quoi frapper les esprits simples de notre époque de Grande Noirceur. Mais qu’est ce qui se joue vraiment dans les coulisses du système médiatique en perpétuel état d’implosion ?  N’oublions jamais ce qu’a dit Marshall McLuhan, notre maître : medium is the message. Alors quel est le vrai message ? Y-a-t-il nouveau medium, et en quoi consisterait-t-il ?

Considérations techniques sur la 3D CGI 

La moCap, ou le retour du corps 

La stéréoscopie, ou le retour de l’attraction de foire 

Transformation d’Hollywood 

Le « message » d’Avatar 

 

NOTE(S)

1 Computer Graphics Image, ou image de synthèse générée par ordinateur.

2 D’après McLuhan, métalangage, technologie ou medium sont des concepts équivalents et interchangeables. Le néologisme technomédiatique aussi, qui met simplement l’accent sur l’aspect global des nouvelles technologies visuelles.

3 Nerds est l’appellation officielle des surdoués de l’informatique.

4 Il s’agit du logiciel MotionBuilder, autrefois appelé FilmBox, développé par la société Kaydara qui se situait sur le boulevard St Laurent à Montréal avant d’être rachetée par Autodesk, le leader mondial des outils 3D.

5 Individus dont la personnalité est orientée vers une pensée séquentielle et linéaire, caractéristique de l’ère Gutenberg, d’après McLuhan.

6 À leur époque, la couleur, le son ou le Cinémascope ont eux aussi été considérés comme des gadgets inutiles. C’est de l’humour journalistique involontaire, puisque le cinéma n’est lui-même qu’un « truc », artifice ou moyen permettant de duper le cerveau concernant le mouvement.

7 Au sens littéral du terme, la mauvaise qualité de simulation de perspective demande trop de travail au cerveau pour recréer le relief, ce qui occasionne mal à la tête au bout de quelques minutes. Il est à noter que tout le monde ne perçoit pas le relief, notamment à cause de problèmes oculaires.

8 La re-tribalisation, encore d’après McLuhan, c’est le retour de la primauté des facultés audio-tactiles, qui nous renvoie à l’organisation sociale et la culture orale de nos ancêtres. 

9 « Cette extériorisation de nos sens a créé ce que Teilhard de Chardin appelle la « noosphère », c'est-à-dire le cerveau technologique de l’univers. […] le monde est devenu un ordinateur, un cerveau électronique exactement comme dans la science-fiction. […] Par conséquent, à moins d’être conscient de ces forces, nous allons connaître une phase de terreur panique, caractéristique d’un petit monde de tams-tams tribaux, d’interdépendance totale et de coexistence forcée »,1962, Marshall McLuhan in La Galaxie Gutenberg, éditions HMH, p 53.

10 Dans la mythologie gréco-romaine, le dieu de la technologie est Héphaïstos-Vulcain,  fils de Zeus et d’Héra (principe masculin et féminin), ayant des pouvoirs extraordinaires mais condamné à travailler dans les entrailles de la terre, et ayant un caractère dépressif. Or, le bleu est justement la couleur de la tristesse, de la froideur machinique.

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Depuis 25 ans, l’auteur s’est impliqué dans une série d’expériences aux frontières de l’art et de la technologie, en Europe ou au Québec. Tour à tour musicien new-wave ou programmeur, écrivain ou chef de projet web, vidéaste ou développeur de systèmes robotiques, essayiste ou cinéaste 3D, il mène une réflexion entièrement en prise avec les réalités technologiques, tout en essayant de maintenir une distance critique fondée sur une sensibilité créative. Il a publié, entre autres, sous le pseudonyme Riton V., l’essai Le futur est derrière nous aux Éditions Trait d'union en 2002 (Coll. «Spirale», Montréal) et le roman Dose Letale A Lutece-Land, aux Éditions Baleine en 1998 (Collection : Macno - N° 2)

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).