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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Rites de passage et gardiens du seuil

Patrick Tillard

section cybertheorie

Au XXIe siècle, le cyberespace s’est installé comme un acteur incontournable de la vie quotidienne. Personne, à l’heure actuelle, n’échappe aux conséquences des nouvelles technologies de la communication. Délocalisations industrielles, mutations du livre, jeux interactifs, télévision numérique, multimédias, SMS 1, sont quelques-unes des retombées quotidiennes de leur implantation. Un nouveau vocabulaire et de nouvelles logiques sont nés avec «  l’hypercortex » mondial incarné par le cyberespace. Le monde virtuel a, de plus, considérablement modifié les perspectives de création, de lecture, de perception, de communication et donc généralement l’accès à toute connaissance.

Cependant, la compréhension de cette nouvelle culture implique de considérer la double dimension, symbolique et scientifique, des particularités de son accès. La disparition présumée des rites de passage et des gardiens du seuil s’oppose en effet aux « tunnel de conversion », aux points d’entrée et de sortie des pages d’accueil et aux processus de persuasion analysés par exemple par le marketing collaboratif 2. L’accent mis sur la simplicité et la fonctionnalité des systèmes ainsi que le schématisme scrupuleux des icônes utilisées contribuent à la dilution de toute dimension symbolique au profit d’un marquage scientifique et mathématique. Pourtant, parmi les modalités d’accès au Web, les valeurs résiduelles du rituel persistent comme en suspension dans l’imaginaire qu’il sollicite. Est-il alors possible que quelques gardiens de ce seuil Web à franchir éclairent l'ambiguïté d’un discours réducteur, coincé entre émancipation et addiction ; est-il possible que nous devions nous soumettre sans nous en douter à des rites de passage, à des mises à l’épreuve, à une élévation symbolique, afin d’acquérir une connaissance pleine et entière ou même intuitive du domaine convoité. Quels sont alors ces rites et qui sont les gardiens?

Gardiens du seuil 

L’ordinateur qui ouvre les portes du Web est le résultat d’une programmation informatique composée d’algorithmes, d’équations et de méthodes numériques qui conditionnent l’accès au cyberespace ; ce sont eux qui modèlent le type de langage employé, sa structure, ses significations, ses valeurs. Avec l’ordinateur, les ponts entre langage et mathématiques sont devenus de plus en plus nombreux et complexes : le tri, la recherche rapide d’informations dans les bases de données, le traitement et les structures de ces données, les langages de programmation, les environnements de développement Web sont autant de domaines informatiques ou les langages scientifiques développent en arrière-plan leurs logiques tout en conditionnant la formulation et le tri de la connaissance. Question conditionnement et simulation, la connaissance sur le Web ne décrète pas ses propres autorisations d’entrée et de sortie : ce sont le rôle des interfaces. Additionnées au dispositif technologique et aux langages de programmation, elles dissimulent les conventions des langages informatiques en cédant la place à la visualisation d’un environnement humanisé, porteur de valeurs communes, utilisable par un consommateur lambda. La couche de convivialité apportée par les interfaces graphiques n’annule pas le formatage des langages de construction : cette convivialité escamote le cœur fonctionnel du système pour ne laisser paraître que des modalités d’accès simples, usuelles, adaptées à une convivialité uniforme et capable d’assurer et de maintenir sans surprises majeures le contact avec l’utilisateur, sollicité par la suite de devenir aussi un client et un acheteur.

Nous avons peut-être reconnu ici les premiers gardiens du seuil du cyberespace : les algorithmes et les langages informatiques moulés dans les interfaces pour ne pas être repérés mais aussi figurées par des icônes au symbolisme prétendument neutre alors qu’il identifie clairement un environnement de bureautique et par extension de travail salarié. Identifiés au système, les langages de programmation façonnent l’accès au cyberespace et leur médiation est incontournable. Leur simple présence/absence évanouie dans l’incognito d’un écran humanisé et codé identifie l’au-delà du seuil. Ce sont des gardiens pointilleux mais pas les seuls. Ceux qui financent et administrent l’architecture du cyberespace en faisant respecter leurs lois sont évidemment les propriétaires attentifs d’une fraction du cyberespace. Ils en délimitent les frontières par autant de seuils qu’il est nécessaire.

« Aujourd'hui, la propriété intellectuelle est l'une des principales frontières, entre d'une part les marchands qui voudraient qu'elle régente tous les échanges en ligne, et les colons du Net qui préféreraient agrandir le domaine public et accroître sans cesse la liberté de communication et d'expression. Dans ce conflit typique de tous ceux qui se déroulent sur le Net, le rôle d'une élite technicienne (le technopouvoir) n'est pas négligeable.3 »

Ces faiseurs d’univers, ce sont les marques, les portails d’accès, plusieurs gouvernements, ils sont les gardiens de seuils imposés à une connaissance fragmentée, destinée à favoriser des idéologies gravitant autour de la consommation et de la représentation tout en défendant des idéologies ou des morales nationales. L’arsenal législatif de ces faiseurs d’univers a pour but de faciliter l’intégration aisée des navigateurs de la toile au consumérisme ambiant.

Dans cette fausse objectivité résident un certain nombre de questions sociales qui ont peut-être à voir avec les formulations symboliques des gardiens du seuil sur le Web. On notera que la notion de gardien du seuil, chère aux religions mésopotamiennes, grecques et latines, et à la littérature fantastique, est ici assez bien conservée puisqu’il s’agit toujours de faire respecter l’intégrité d’un domaine dont les gardiens gardent jalousement l’accès tout en le donnant à voir. Il est sans doute difficile de confondre les gardiens démoniaques de la littérature fantastique et des religions anciennes avec les vestons cravates de nos dynamiques programmeurs et législateurs de multinationales. Pourtant, dans l’ancienne Mésopotamie, les démons et autres créatures démoniaques étaient créés par des dieux omnipotents (que nous pourrions aisément remplacer par les multinationales actuelles) pour être également les exécuteurs des châtiments décrétés par eux. Ces gardiens ne s’interrogeaient jamais sur les modalités de leur création ni sur les instructions qui leur étaient inculqués dès leur naissance. Seul leur niveau de compétence ou d’incompétence pouvait sanctionner leur existence sur le seuil. À la réflexion, des rapprochements peuvent pourtant se dessiner avec les rôles sociaux dévolus aux cadres modernes (maintenir une cohésion sociale quelles que soient les circonstances, accroître la division des tâches, valoriser l’image de son rôle, protéger un territoire de toute concurrence) ou avec les dispositifs iconiques, médiation à double sens, chargés de programmes cachés. On notera que les gardiens mythiques avaient aussi une fâcheuse tendance à devenir « des démons, des entités maléfiques pratiquement autonomes, émanant d’un monde infernal dans lequel ils cherchaient à entraîner leurs victimes. [De plus ils étaient enclins à s’approprier les récalcitrants.] La "possession démoniaque" entraînait des maux physiques et moraux qui excluaient de la société humaine ceux qui en étaient atteints. Visibles ou invisibles, parfois entourés d'un halo, leurs corps sales, impurs répandaient de mauvaises odeurs.4 »

Ce dernier point est certes plus contestable dans le monde numérique. Toutefois, derrière la figure de son gardien, le seuil exprime la densité visible et invisible de la présence menaçante tout en demeurant inséparable d’une perception simultanée : l’univers derrière le seuil et son escamotage. Le gardien du seuil fait partie de la structure d’ensemble, il en est l’éclairage et la condensation, il en figure l’identification et les faiblesses. Dans la figure du gardien du seuil s’incarnent également les indices permettant de le contourner et éventuellement de l’abattre. Ce sont des directions qu’on oublie trop souvent mais que la littérature fantastique et les récits religieux et mythologiques ont longtemps mises en avant, avec par exemple la figure du Sphinx et ses énigmes. Contourner (ou détourner) le gardien du seuil est donc possible mais pour accéder à quels territoires et en utilisant quels passages ?

Valeur des rites de passage 

Pour accéder aux passages et aux sites, il faut sacrifier à des rites de passage qui favorisent la confiance et l’interaction. Valeurs ambiguë de l’universel à portée de main, positions de force de la réification, conditions favorables à la consommation se combinent pour conjurer les dangers potentiels d’un espace infini, installer des repères familiers et canaliser l’attention, puis consommer les constellations d’informations semblables chacune à un concept absolutisé. Rapport de confiance, besoins, fidélisations, compétitions, sécurisation des données ne sont pas seulement les arguments de vente de sites commerciaux car la survie de tous les sites tient à leur fréquentation. L’absence de leur fréquentation signifie échec et disparition. En visant aussi bien les rites de passage des communautés virtuelles qu’en appliquant leurs propres rites de passage aux points de contacts, les stratégies de marketing, là encore, sont parlantes :

« La création d’une relation entre entreprise et clients via une communauté virtuelle doit « respecter les valeurs et les rites de la communauté ». Cela implique un changement de stratégie. L’entreprise doit accepter la perte de maîtrise des messages, la fin de la communication one to one, le début d’une communication bottom up dans laquelle l’initiative revient au groupe de « clients ». (…)

Toute action marketing qui voudrait faire de la relation un moyen -et non un objectif- entraînerait un rejet immédiat de la part des membres de la communauté.5

Identifications de codes, de rites, d’identités, la virtualité cherche de nouveaux moyens d’agir avec des figures nouvelles qui ne le sont peut-être pas. La gestion de l’imagination et de la mémoire passe pourtant par ces filtres que sont les rites de passage, filtres posés pour générer adhésion, participation et soumission au mécanisme subtil de la domination dans un univers réifié. Entre stratégie commerciale et un symbolisme réduit à la portion congrue, l’usage de tels portillons devrait, à la longue, trancher en instaurant progressivement un processus d’intégration à la consommation de masse là où l’utopie du web voyait un lieu privilégié d’extension des liens sociaux. Sur le Web les rites de passage répandent ainsi une esthétique de la conciliation extrêmement positive. Moments d’accès et conditionnement partiel, ils déploient les conditions de la circulation et de transmission de la connaissance en réduisant toute autoréflexion critique sur le mode d’acquisition et sur l’intérêt de la connaissance elle-même puisque ce qui commande semblent être le processus et le traitement au détriment de l’analyse.

Pourtant les valeurs nouvelles attribuées aux rites de passage ne sont pas seulement une collection de stratégies de marketing. Reflets de la réalité, le virtuel rêve de sa propre cohérence. Le projet utopique qui l’a vu naître développe le caractère d’une réconciliation et d’une intégration de tous à sa structure et à ses effets. Sans jamais se disqualifier totalement, les nouveaux rites de passage virtuels énoncent des enjeux rationalisés, éloignent tout caractère suspect aux contenus, semblent ressusciter ce qui a été défiguré ou perdu dans la réalité. L’expression de cette contradiction, la réalité supplantée, la réalité dominée, l’illusion d’un monde immédiat accessible à tous, est perceptible au sein du discours légitimant l’inéluctabilité de la domination mondiale du Web. À la fois indice d’une vérité future hypothétique, apparence de réalité mais aussi réalité partielle, le discours universaliste du Web projette ses aspirations comme si un fragment de vérité pouvait être conçu comme la vérité même. Malgré ce qu’affirmait l’utopie fondatrice du Web 6, les besoins, les demandes, l’imaginaire qui accompagnent les versant symboliques ou pragmatiques du Web ne sont pas des éléments d’une seule progression vers une fraternité et une solidarité plus faciles. Entre « la vie et la vie, l’accidentel et l’essentiel 7 », les besoins ne sont pas obligatoirement les mêmes d’un continent à l’autre, d’une culture à une autre. Au centre de l’utopie du Web, la cyberculture et la mondialisation s’observent, en frères ennemis apparents mais pourtant fortement dépendants l’un de l’autre. Une culture métissée, une ville planétaire, une culture fractale, un village virtuel de Kinshasa à Londres ? La réalité est peut-être différente. L’universalisme du Web bute sur la réalité des pratiques individuelles et collectives. Entre représentation et circulation instantanée de l’information, l’utopie virtuelle peine à devenir une alternative convaincante aux nationalismes, à des intérêts partisans. Et le réveil des nationalismes et de l’extrémisme est toujours en bonne voie malgré les prédictions millénaristes de Pierre Lévy. Les questions de l’identité et de la croyance, du nationalisme et du pays, n’ont pas disparu du Web et le Web participe de leur renouvellement, il en même est un des éléments ordonnateurs. Ce qui contredit son projet utopique mais réaffirme paradoxalement des valeurs contradictoires dans les domaines investis par les discours du Web.

« Le nationalisme moderne concerne des communautés de citoyens d’un État-nation territorialement défini qui partagent une expérience collective, non celle du contact face à face ou de la subordination commune à toute personne royale, mais celle de la lecture de livres, de tracts, de journaux, et autres textes modernes (Habermas, 1989 ; Calhoun, 1992). À travers ces expériences collectives que Benedict Anderson (1991) appelle le « capitalisme imprimé », et d’autres émergentes appelées « capitalisme électronique, télévision et cinéma » (Warner, 1992 ; Lee, 1993), les citoyens s’imaginent appartenir à une société nationale.8»

Dans un imaginaire national en crise, le web travaille peut-être à contre courant de son projet initial en recréant des patriotismes et des modes d’affiliation semblables à des réseaux repliés sur eux-mêmes, en générant des valeurs tribales recomposées bien que déterritorialisées. Les communautés de hackers, leurs rites de reconnaissance, leurs surnoms, leurs interventions, leurs solidarités, ou les critères d’acceptation ou de refus entre eux des joueurs de jeux en ligne donnent l’illusion à chacun d’entre eux de partager un territoire collectif, de vivre un échange dans un groupe de discussion, d’intervention ou de jeux virtuel tout en étant respecté avec, au cœur, un désir de justice, d’écoute et de reconnaissance enfin accordé par d’autres. Les rites de passage entretiennent l’idée que la structure sociale a été modifiée sur le Web, qu’une plus grande égalité y règne de facto, que l’émancipation individuelle sur la base d’un consensus virtuel public est réalisée.

Les rites de passage sont là pour entretenir ce vocabulaire et ces sensations.

Toutefois les rites de passage n’échappent pas, nous le voyons, à l’équivoque : à la fois discours et contre discours de la technologie triomphante et de sa légitimation, de l’exacerbation identitaire et de l’universalisme, ils maintiennent, dans leur part symbolique résiduelle, l’utopie fondamentale d’un monde enfin meilleur tout en donnant accès à des domaines de connaissance « privés » ou présentés comme tels. À la fois régulation et contrôle, les rites de passage entrouvrent au moins symboliquement une possible et illusoire alternative entre utopie et système du marché : croire en eux ou ne pas croire, passer ou partir, accepter ou refuser, sont toujours les choix proposés, la case à cocher. L’alternative bute alors sur la question d’un choix prévu par la machine et anticipé par les constructeurs. Cette fausse alternative légitime les valeurs évolutives d’un libre arbitre que les rites de passage sont censés définir.

Cette question de la liberté doit se lire comme une servitude qui n’est jamais rebelle à la transparence formelle de l’accès tout en favorisant simultanément la captation de données qui seront répertoriées, analysées, fichées, codées, classées dans une quelconque banque données. Quant à l’internaute, mis au pied du mur il vise l’accès plutôt que la critique. Le dispositif gagne ainsi à tous les coups. Ainsi dans le cyberespace, si l’expansion de la connaissance dépasse la simple technologie des machines, elle ne l’exclut pas pour autant. Les créateurs de nouvelles technologies instrumentalisent un discours qui se consolide lui-même. Pour eux, la tentation est grande de modéliser les connaissances à des fins de performance, de comparaison et de compétition, d’un consumérisme inséparable de l’idéologie du progrès. C’est donc le contraire d’une identité en construction articulée à un ensemble social dont elle dépend qui se met en place dans le Web mais davantage les signes d’une finalité proche du nivellement, une dégradation de l’insertion dialectique dans le réel qui, sous le couvert d’un accès plus grand à une connaissance en réseau, en jouant sur une certaine idée progressiste de ce potentiel détruit toute idée de résistance au profit de l’impuissance du consommateur devant les besoins qu’on lui crée, qui l’oriente et qui l’amuse.

« Une chose au moins est claire, une technologie n'est pas un simple (?) assemblage de machines et de recettes techniques. De même que le spectacle, au sens debordien, n'est pas “ un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ”, une technologie est un rapport - parfois même un projet - social, matérialisé dans des dispositifs techniques (appareils, institutions, programmes, lois...), et valorisé par du discours. Ce discours n'est pas forcément très développé ; mais toute technologie est porteuse au moins d'une proto-idéologie, d'une forme de fausse conscience. Si le spectacle est l'idéologie matérialisée, alors, la technologie est l'idéologie implémentée 9»

Légende 

À ce stade, nous évoquerons l’art de la mémoire afin de montrer comment une action organisée de rappel mémoriel structure son espace vécu et le sature de valeurs. En effet, une des approches les plus singulières du cyberespace constate une filiation entre l’art de la mémoire 10 utilisé depuis Cicéron et l’architecture de la connaissance du cyberespace. L’art de la mémoire 11 consistait à systématiser et à ordonner les catégories du savoir et de la connaissance, sous formes de lieux (loci) et d’images mentales actives (imagines). Il suffisait de parcourir cette architecture basée sur la construction de lieux réels (une maison, un théâtre) ou imaginaires (une cité idéale) pour ressusciter le souvenir des choses codées dans l’ordre d’un parcours. Cette pratique fut une forme d’éducation de la mémoire que les jésuites 12 utilisèrent en Chine, les détails mnémotechniques favorisant alors le salut des âmes. Notons au passage que le discours religieux et l’éloge de la marchandise façonné par le Web se répondent par delà les siècles et peuvent donc être reconnus symboliquement dans des images invoquées (au Moyen Age) ou imposées (dans l’époque contemporaine). Depuis le Moyen Age, avec le développement industriel du livre et des supports matériels de la connaissance, l’art de la mémoire s’est assoupi pour finir presque oublié.

Mais cet art retrouve sa pertinence avec le cyberespace. L’architecture des lieux et images de l’art de la mémoire n’est pas étrangère en effet aux architectures informatiques des sites et des liens (URL, portails d’accès, réseaux) du cyberespace. Les anciens modes de cognition, issus eux-mêmes d’une carence de textes, y retrouvent une certaine vigueur. Le passage d’une mémoire humaine « interne » à une mémoire numérique externe, le stockage de la connaissance associant des lieux et des images modélisées par des langages binaires énigmatiques aux profanes, les fragiles frontières entre textes, images, sons, vidéos sollicitent des postures inédites qui conditionnent à leur tour le développement exponentiel de l’imagination comme ce fut le cas pour l’art de la mémoire. Avec cette limite : l’accession au cyberespace « pourrait bien utiliser la transition de langages orientés objets à des langages orientés acteurs.13 » Des logiciels « intelligents » devenus des substituts au sujet donneraient alors lieu à un encadrement et à un contrôle de la mémoire, mais aussi in fine de l’imagination créative. L’imagination perdrait peut-être ici son potentiel subversif et détonnant sur le monde réel. L’immense labyrinthe de significations engendré par le cyberespace, « les nouvelles organisations mémorielles 14  », constitue certes des chemins d’accès, des représentations inédites, mais ce labyrinthe développe et procure des interprétations et du sens. Et rien ne nous dit qu’il puisse, à la toute fin, contribuer à élargir la connaissance et la création comme la liberté qui leur sont indissociables.

Le cyberespace devenu un gigantesque palais de mémoire téléchargeable, il importe de voir en quoi l’imagination demeure créatrice, enclose ou dynamisée par les langages informatiques cachés, les logiciels de configuration et les systèmes de modélisation dont le néophyte connaît peu les déterminants essentiels, mais qui constituent tous des gardiens non neutres, postés au seuil de la connaissance. Quelles directions suggèrent-ils ? Quels processus induisent-ils? Une partie de la réponse est peut-être contenue dans les recherches actuelles sur la modélisation de la mémoire 15 qui entendent hiérarchiser la mémoire d’entreprise (lieu où la créativité est rarement émancipatrice), en identifier les typologies, tout en lorgnant l’énorme potentiel de la mémoire, via la construction d’un Web sémantique 16. Ces applications induisent d’évidents problèmes d’éthique et, à moyen terme, de partage, dés lors que des formes de modélisation, préoccupées d’exactitudes, conditionnent des modes de réflexion et d’exploration aux caractéristiques provisoires, comme l’imagination ou la pensée.

La structuration de la connaissance avance ainsi entre ordre militaire et consommation ludique, au pas d’un accès en temps réel, visant plutôt le téléachat que le projet encyclopédiste. Ceci facilite-t-il la connaissance et une vision objective des savoirs? Rien n’est moins certain. Cette question n’a rien d’hermétique alors que s’effacent les perceptions des limites entre monde réel et virtuel. Silhouettes floues sur des seuils invisibles, les nouveaux gardiens du seuil évaluent l’ordre de grandeur de la perte et encouragent discrètement à sa dépendance.

Les accessoires de Janus 

Les logiciels et les interfaces utilisés comme des traversées entre réel et virtuel, les constructeurs mettent en avant leur neutralité mais aussi leur convivialité, leur souplesse mais aussi leur capacité de contrôle. Face à des sites « moralement » nocifs (aux contenus pornographique, violent, pédophile, antisémite, raciste, fasciste, etc.), les interfaces façonnent une connaissance épurée par des « filtres » sécuritaires en relation avec un code criminel et des techniques policières de répression qui peuvent être étendues à toutes les sphères de la vie privée 17. La liberté est ainsi « moralement » stabilisée et contrôlée par un tri sécuritaire basé sur la protection de cette vie privée soudain menacée. Enfin purgée des scories de l’excès, la stabilisation de cette liberté aboutit à une connaissance purifiée garantie par l’état mais aussi par les logiciels des compagnies qui communiquent dans leurs propres langages la fluidité artificielle d’un « monde propre » et des vertus éducatives conçues par des entreprises aux buts naturellement édifiants. Pour comprendre ce processus de neutralisation, il faut revenir au mythe.

Dans la théologie romaine, Janus, divinité à deux têtes, gardien des passages et des croisements était supérieur à Jupiter. Le Dieu Janus pouvait surveiller la cité dans tous les sens, sans que rien ne lui échappe. Ayant le don de « double science », il maîtrisait le passé et l’avenir. Janus est successivement gardien des portes, dieu du commencement et des quatre saisons. Son nom est à l’origine du mois de janvier. Il est aussi gardien du seuil de la maison, il veille sur le passage du monde des hommes à celui des dieux. Mais Janus c’est aussi le nom du système DRM (Digital Right Management) de Microsoft 18 qui « a pour objectif de contrôler par des mesures techniques de protection l'utilisation qui est faite des œuvres numériques.19 » Il permet à terme la gestion des droits d’auteurs et des marques déposées.  Des croisements de chemins aux droits d’auteurs, Janus, Dieu des passages s’est enrichi d’enjeux économiques. Avec le temps de l’économie souveraine, l’usage du passage est devenu visiblement différent : il semble une frontière, la ligne d’étape d’une armée invisible, un anti-passage fait pour contrôler et soumettre, non pour conduire vers des horizons nouveaux ou pour échapper.

On voit combien les rites de passage ont muté et on perçoit un peu mieux les limites imposées à la connaissance dans le cyberespace. Ce qui était propre aux rites de passage : l’initiation qui permettait de souligner une mutation, une coupure et un changement d’état mais aussi une conjuration 20 des risques propres au changement, cette spécificité a disparu en passant du symbolique au commercial. Les gardiens semblent devenus des anti-gardiens dont le rôle est d’éloigner ou même d’écraser toute implications thérapeutiques bénéfiques ou même cathartiques rappelant les rituels. Mécanismes compensatoires, appauvrissement de la réalité et dévalorisation mensongère, les rites de passages sont devenus réductibles à la valeur d’échange, secret mal gardé de la net économie. La posture traditionnelle des gardiens du seuil semble dorénavant un mélange d’impostures émotionnelles face au contrôle technologique et méthodique de l’univers. Leurs messages métaphoriques sont peut-être même rentrés en conflit avec les clés de codage du Web : le contrôle de l’accès, la rationalité, la structuration de la pensée, la tendance hégémonique du Web s’opposent en effet à la diversité des cultures où les statuts individuels ne sont ni alignés ni prévisibles. Comme possibles symptômes, les antiques rituels d’initiation questionnent la nouvelle hiérarchisation sociale rationaliste, ses « énoncés symboliques sur l’ordre social, sur les valeurs fondamentales de sociétés, des énoncés non analysables en termes rationnels, car ils se mesurent d’après d’autres standards et appartiennent à des registres cognitifs différents. 21 » L’opposition du symbolique au rationnel ne suffit sans doute pas à comprendre la mutation de statut des gardiens du seuil en anti-gardiens, mais elle permet de mieux cerner les valeurs symboliques de ce Web qui pourrait n’être qu’un refuge illusoire, un espace qui parle d’émancipation avec les mots d’une aliénation renforcée.

Émancipation de la connaissance 

L’élite technicienne, le technopouvoir selon Solveig Godeluck 22, affirme que presque tous les types de connaissance sont consultables sur le Web malgré la difficulté d’en saisir le circuit général de manière complète. Pourtant le Web est encore un lieu chaotique. Les informations y circulent au sein d’une architecture sommaire. Les conditions d’accès et de tri aux différents types de connaissance ne sont pas encore réunies pour faciliter une véritable convivialité. Les requêtes restent centralisées sur quelques moteurs de recherche. Nous pouvons souhaiter, avec le technopouvoir, la maîtrise de véritables logiciels de traduction efficaces, d’interfaces reproduisant une présence virtuelle crédible, d’intelligences artificielles proches de l’expérience vécue. Mais l’ambition d’un Web réplique de la connaissance humaine, entre mémoire et imagination, est encore à venir, l’hypertexte qui vise à faire de l’ordinateur une extension naturelle de la mémoire humaine n’a pas encore livré toutes ses promesses. La représentation de l’idéologie du Web lui attribue, à travers un imaginaire naïf, des vertus d’émancipation totale qu’il n’a sans doute pas. Face à cet imaginaire, les fournisseurs d’accès, véritables gardiens du seuil, rétablissent des frontières : censure, accès payant, droits d’auteurs identiques à celles du domaine physique. Le modèle idéal et universel de communication virtuelle est débordé par l’accès à l’information elle-même.

Et les rites de passage? 

Le rêve du cyberespace distille ainsi le flux du libre choix d’une consommation dégagée de toutes contraintes matérielles, un semblant de dignité retrouvée semblable à la neutralité bienveillante du dispositif d’accès ; ce dispositif contribue à l’effacement des limites du Vrai et du faux, du virtuel et de la réalité ; il interprète la fable d’une vie heureuse non étouffée par l’aliénation et la technique ou même les agencements complexes du réel. Espace rêvé de liberté et persistance de l’humain derrière le simulacre du virtuel semblaient pourtant inspirer des passions plus immédiates : le désir d’un affranchissement. C’est peut-être le contraire qui suppure de l’utopie du Web : dans son projet fluctuant, le vieux mythe de la soumission ou non de l’homme à la machine perd l’aimable voile fossilisé déposé par la science-fiction pour trouver là une inquiétante mobilité.

Si les passages se dérobent puis existent à nouveau à un stade inédit de la commercialisation, leur potentiel d’égarement agit brutalement comme un système soumis à la loi du marché mais pour accéder à quel univers ? Quant aux rites, s’ils perdurent eux aussi, c’est à travers une intensité symbolique réduite par opposition à un système qui entend contrôler l’individualité par sa puissance mutilante. Pourtant les rites persistent un peu partout sur le cheminement du Web. Grâce à eux la lecture des caractéristiques et des défaillances d’un virtuel dont le discours est pressé d’imposer sa primauté sur le réel devient possible. Il faut alors creuser dans le tissu idéologique du labyrinthe du cyberespace, contourner les gardiens symboliques et leur valeur trouble, puis franchir les passages afin de désarticuler l’opacité abusive du discours du Web. Ce qui nous intéresse ici n’est pas l’évidence, la ligne droite, mais le dissimulé, le non-dit, la ruse et le détour, l’expérience. Le fait que ce ne soit plus totalement en lui que l’internaute franchisse les différentes étapes des rites de passage et accède à une nouvelle connaissance est rigoureusement similaire à l’utilisation de systèmes experts, de logiciels, de cartes vidéos, requérant un surnom, un code, générant des échanges, des programmes, des services. Chaque transfert de compétence occasionné, chaque enceinte fermée et non brisée, chaque passage franchi, chaque icône imposée par l’ensemble du dispositif s’inscrivent dans un processus abrasif pour le libre arbitre où les rites ne sont pas qu’apparentes formalités d’accès. À terme, ce territoire virtuel superposé aux rites codés, ce territoire superposé au réel, prend le risque de brider toute particularité rebelle et de dissoudre les sensations individuelles dans une chaîne de stimuli pré formatés où s’édifie une démission organisée et sans fin du réel.

L’anthropologie contemporaine décrit le moment du rite de passage, comme une succession

[d’]’ «  étapes difficiles parce qu'ambiguës, contradictoires. Moments de crise, remise en question de soi, de ses valeurs, de ce qui fait une vie au quotidien. Ces recherches tâtonnantes de rites ouvrent un espace de transition, lieu de déliaison et de liaison, pour que les séparations ne soient pas des ruptures; espace de sens aussi. La créativité rituelle semble être une des voies, dans des sociétés en permanente mutation, par lesquelles des individus tentent de se réapproprier leur vie, de penser simultanément soi, autrui et le monde commun.23 ».

Les rites de passage symboliques commémoraient les forces qui nous avaient échappé, ils rappellent maintenant le nivellement en cours, disent l’évanouissement de l’identité, les gestes qui ne nous appartiennent plus dans l’abondance de la dépossession. Quant aux gardiens du seuil sont-ils vivants ou morts, virtuels ou concrets ? Si le maintien de leur présence correspond à une nécessité vitale ou s’ils sont seulement agencés par des interfaces plus vivantes qu’eux, leur valeur symbolique couvre des blessures profondes, des aspirations détournées de leur but, des aptitudes en échec. Agglutinés sur un seuil structuré en un territoire de liberté surveillée, objets de stratégies commerciales sophistiquées, expérimentations de techniques informatiques magiques favorables à la vente, les gardiens ne conduisent plus nulle part dans le monde prisonnier d’icônes spectaculairement correctes, de modalités et de contrôles sécurisés mâtinés de convivialité informatique.

L’accès à la connaissance est un processus torve dans le monde virtuel : la dépossession s’y sert des expressions de l’acquisition pour accomplir son parcours. Logiquement, les rites de passage qui permettaient d’accéder ailleurs à un état d’équilibre, y deviendront quasi menaçants. Car derrière l’accès, c’est l’usage de la connaissance qui se pose. Qu’en faire, comment la rendre efficiente, comment sortir du cycle d’une information en flash immédiatement remplacée par une autre tout aussi identique dans un cycle où la connaissance réduite à l’information globale se décompose comme apologie du médium et techniques de manipulation ?

 

NOTE(S)

1 Short Message Service

2 « Ensemble de technique marketing par lequel le client ou consommateur est associé au développement ou à l’évolution du produit. Internet est souvent utilisé dans une logique de marketing collaboratif. Les clients ou prospects peuvent ainsi être sollicités pour choisir un nouveau nom de marque, un slogan ou le nouveau parfum d’un produit. » http://www.definitions-marketing.com/popup.php3?id_article=896 (consulté le 2 janvier 2007) et http://www.Web-analytique.com/actualites/2006/04/20/tunnel-de-conversion-lineraire-epilogue/ (consulté le 26 décembre 2006)

3 « L'Internet, un paysage en perpétuelle reconfiguration », Interview de Solveig Godeluck, septembre 2002, http://www.fluctuat.net/tourdumonde/godeluck2.htm (consulté le 2 janvier 2007)

4 Ernould, Roland, Les portes sur les mondes parallèles, http://perso.club-internet.fr/rernould/SAISONS/p3Portes.html (consulté le 2 janvier 2007)

5 Sophie Pène, « Communautés virtuelles, rites de passage, communautés de consommateurs », http://blogs.univ-paris5.fr/comor/weblog/1238.html (consulté le 17 janvier 2007)

6 Appadurai, Arjun, Après le colonialisme, Les conséquences culturelles de la globalisation, Paris, Payot, 2001, 322 pages.

7 Marc Jimenez, Vers une esthétique négative, Adorno et la modernité, Paris, Le Sycomore, Paris, 1983. 422 pages. p. 263.

8 Arjun Appadurai, Extraits de Le patriotisme et son avenir, "Patriotism and Its Futures." Public Culture: Society for Transnational Cultural Studies, University of Chicago Press, 1993, 5,411-429. http://multitudes.samizdat.net/Le-patriotisme-et-son-avenir.html (consulté le 18 janvier 2007).

9 Alain Montesse, Metatechnologie, Communication au séminaire " Ecrit-Image-Oral et Nouvelles Technologies ", http://www.artemis.jussieu.fr/hermes/11 mai 2004. (consulté le 2 janvier 2007)

10 Alain Montesse et allii, Nouvelles technologies et art de la mémoire, Paris, 00h00, 2002.

11 Sur ce vaste sujet, Frances A. Yates, L’art de la mémoire, Paris, Gallimard, 1975, 438 pages, et Jacques Roubaud, Maurice Bernard , Quel avenir pour la mémoire ?, Paris, Gallimard, 1997, 128 pages.

12 Spence, Jonathan, The memory palace of Matteo Ricci, New York, Viking, Penguin, 1984, 350 pages.

13 Montesse, Alain, « La machine à mémoire (notes sur la préhistoire du cinéma) », dans Nouvelles technologies et art de la mémoire, op. cit., p.34.

14 Ertzscheid, Olivier, avril 2003, Pratiques énonciatives hypertextuelles : Vers de nouvelles organisations mémorielles, Section cyberthéorie, http://archee.qc.ca/index.htm (consulté le 2 janvier 2007)

15 Gerbé, Olivier, Modèles et métamodèles pour la connaissance corporative, communication donnée dans le cadre de l’ACFAS, résumé consultable : http://www.acfas.ca/congres/congres66/S167.htm (consulté le 19 décembre 2006)

16 La navigation sémantique permet une circulation guidée par les associations de sens. L'utilisateur (auteur ou lecteur) réalise des associations de sens entre les nœuds d'information qu'il manipule. Voir la page « architecture – hypertexte » de l’IUFM, Académie de Grenoble : http://www.grenoble.iufm.fr/departe/francais/hypertxt/archi.htm#navigsem (consulté le 19 décembre 2006)

17 Voir l’article « Chine : Google censuré », à l’adresse http://www.rfi.fr/actufr/articles/033/article_16971.asp (consulté le 19 décembre 2006)

18 Consulter les fiches juridiques du Groupement des Éditeurs de Services en ligne (GESTE) disponibles sur abonnement (fiche 3) : http://www.geste.fr/ (consulté le 28 avril 2004)

19 Consulter : http://fr.wikipedia.org/wiki/Digital_Rights_Management (consulté le 2 janvier 2007)

20 Voir Van Gennep, Arnold, Les rites de passages, La Haye, Mouton, 1969 et de Turner, Victor Witter, Le phénomène rituel, structure et contre structure, Paris PUF, 1990.

21 Nicole Sindzingre, article « Rituel », Encyclopaedia Universalis, tome 15, p. 1162 -C, Paris, 1988.

22 « L'Internet, un paysage en perpétuelle reconfiguration », Interview de Solveig Godeluck, op. cit.

23 Nouveaux rites de passage dans les sociétés avancées, CNRS info, article sur le libre de Michelle Fellous, À la recherche des nouveaux rites : rites de passage et modernité avancée, L’Harmattan, Paris, 2001, 246 pages. http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n390/html/n390a11.htm (consulté le 2 janvier 2007)

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

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Représentations et imaginaire technologiques

http://enfa.mip.educagri.fr/agri-culture/Ressources/articles/cc11/gardere.html

Les arnaques de la nouvelle économie

http://domain39.altern.com/a5449

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).