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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Les textes des mondes machines

Ollivier Dyens

section cybertheorie

La machine prolonge l’interrogation 

Dans ce monde étrange et fascinant qui est le nôtre, ce monde de grandes promesses et d’infinies terreurs, se pose la question de la co-habitation et même de la co-évolution entre l’humain et la machine. Est-il possible de se développer, tant intellectuellement que matériellement, en vivant aux côtés de machines? Une lecture cohérente de l’univers qui nous entoure est-elle possible par le prisme des machines? Peut-on, en collaboration avec ces machines, produire des œuvres émouvantes? Une forme d’art intelligente, riche et multiple pourra-t-elle voir le jour dans et par cette collaboration?

La machine prolonge l’interrogation. Elle permet de demander, au-delà de ce que l’humain voit, comprend et ressent, pourquoi vivre, pourquoi souffrir, pourquoi mourir. Elle permet d’explorer, au-delà de l’entendement biologique, la mosaïque souple, fuyante et éthérée qu’est la vie. Par la machine, le mystère, le mystique et le sensible deviennent des phénomènes concrets, mesurables. Par les lectures que la machine nous offre du monde, le réel n’est plus simplement une dynamique logique, causale, qui répond à ce que nos cerveaux conçoivent et comprennent, mais devient une fresque immense et riche, infinie de beautés, brodée de prodiges et de splendeurs. Grâce à la machine, nous voyons l’univers vibrer, nous découvrons que ses dimensions sont multiples, que les trous noirs avalent le temps et l’espace, que le réel se cristallise par le regard de l’observateur, que l’individu est une myriade d’êtres vivants, que les espèces sont enchevêtrées les unes aux autres, que vivre est tout autant un accident qu’une parfaite complexité Par la machine, nous comprenons que le cerveau est un mécanisme fait pour survivre (et non pour comprendre le monde 1) et que la perception que nous avions jusque-là de ce même monde n’est que celle de notre biologie, de nos sens. Par la machine, le réel devient perpétuel, orné d’incompréhensible. Par la machine, le réel s’enfle de merveilles. Nous vivions dans une réalité biologique limitée. Nous avons pénétré, aujourd’hui, grâce aux machines dans une réalité sans fin. Par la réalité technologique, nous pouvons poser notre regard, nos questions, nos explorations au-delà de l’univers organique, par delà le réel biologique.2

Bref, la machine, contrairement à ce que nous avons tendance à croire, enrichit l’univers en nous le rendant, à la fois plus lisible (puisqu’elle peut y détecter et y lire la complexité des phénomènes et des lois qui le tissent) et plus mystérieux (puisque cet univers vibre, chante, murmure 3, puisque cet univers crée, à partir de roches en fusion, les innombrables beautés de la vie, puisque cet univers possède un langage, des lettres, des mots, des textes qui lui sont propres 4). La machine transforme l’univers qui nous entoure en un texte poétique, métaphorique, à la fois lisible et incohérent qui s’étend au-delà de la réalité biologique. La machine nous permet de proposer de nouveaux écrits sur l’univers et ses innombrables phénomènes.

La textualité machine 

Voilà, je crois, la nouvelle textualité du monde électronique. Non pas simplement la pénétration du texte dans le multimédia, non pas simplement la dynamique de l’hypertexte, la fluidité de l’hyperlien, non pas seulement la possible ou impossible transhumance de l’écrit vers l’électronique, mais bien aussi les lectures nouvelles, infinies, immenses que les machines nous permettent de faire du monde. Voilà la nouvelle textualité des nouvelles technologies : des lettres, des mots, des textes nouveaux tant biologiques, mathématiques et cosmologiques que humains (l’ADN, la physique quantique, la théorie des cordes, les logiciels, etc.), à la fois produits par et lisibles grâce à la machine. La nouvelle textualité est celle d’un monde où le réel est une stratification d’écrits qui s’interpénètrent, qui s’enchevêtrent, qui se modifient l’un l’autre.

Mais la machine, surtout informatique, est différente des autres machines. Car si elle permet des lectures et des écrits nouveaux, elle est aussi productrice de solitude; la machine informatique détourne du réel. Ainsi, non seulement ses narrations sont-elles étranges, mais, de plus, les « lettres », les « mots », les « phrases » qu’elle utilise ne touchent jamais le réel biologique et ne peuvent donc entrer en contact direct, charnel avec nous. Le langage machine est une série de signes qui réfèrent toujours à d’autres signes (le logiciel renvoie au système d’exploitation qui renvoie au langage de programmation qui renvoie au langage machine), système langagier qui permet une lecture des structures cachées de l’univers mais qui, à mesure qu’il se complexifie, s’éloigne toujours plus du réel biologique. En fait, il n’y a de réel biologique ni en amont ni en aval du langage machine. Ce qui précède le langage machine n’est pas le monde biologique mais le code informatique 5. À l’origine du langage informatique, nous ne trouvons pas le monde tel que nos sens le perçoivent, le captent, mais bien un texte étrange, à la fois lisible et incohérent, sur des couches nouvelles du réel.

Qu’est-ce à dire? Eh bien que le langage machine ne parle pas de notre réel biologique. Le langage machine « parle » d’un réel en abîme Et parce que la machine informatique est une machine universelle (tant dans sa structure de base, le binaire, que dans son incarnation, l’ordinateur), parce que nous la percevons comme la clé de toutes nos interrogations, la voici ainsi qui nous entraîne dans son abîme, qui nous tire dans son irréel. À travers la machine informatique défile le groupe humain, en la machine informatique réside littéralement l’humanité; dans cette machine, les hommes et les femmes gravent les empreintes de leurs désirs, questions, peurs, colères, fantasmes. Cette machine est marquée du fer blanc de l’humanité. En la machine informatique, l’humanité croit avoir trouvé un prisme par lequel ses innombrables couleurs, facettes, besoins sont décomposés, analysées, expliqués, par lequel ses questions, angoisses et émerveillements trouvent réponses, causes, raisons d’être. Bref, en la machine informatique se cachent, croyons-nous, des réponses sur ce que nous sommes (puisque cette machine nous permet de questionner notre monde au-delà de la réalité biologique et de regarder l’humanité d’un point de vue extérieur aux sens). Nous faisons une utilisation effrénée de l’ordinateur car nous tentons de savoir ce que cette machine sait de nous, ce qu’elle comprend des traces que nous laissons en elle, ce qu’elle saisit de notre condition, de notre état, de notre essence. Que « voit » la machine de l’humanité? Que peut-elle nous dire sur la condition humaine? Quels textes originels permet-elle de lire?

Voilà pourquoi nous faisons de l’art numérique, pourquoi nous utilisons sans cesse les machines, pourquoi nous brûlons nos yeux devant leur écran, pourquoi nous avons parfois l’impression, par les jeux vidéos et le surfing, de laisser nos vies s’écouler devant leurs représentations : cette machine « qui parle », en laquelle l’humanité converge, dans laquelle les impressions infinies de la cognition humaine sont entreposées, sait, croyons-nous, des choses extraordinaires sur la condition humaine; elle peut décoder, croyons-nous, les mystères de la création et y voir la cohérence de l’incohérent, le mécanisme du mystère, la folie de l’origine. Nous croyons qu’en cette machine réside littéralement la structure du vivant, du réel, de l’univers. Toucher, parler, communiquer avec cette machine est, en quelque sorte, comprendre l’univers.

Mais nous nous trompons, car la machine ne parle pas de nous, ne décrit pas l’origine de notre souffle. La machine résonne des échos des nouvelles textualités, celles qui dépassent l’humain, celles qui devancent son entendement et, surtout, sa raison d’être; ces textualités de l’immensément petit et de l’infiniment grand. La machine nous permet de lire les textes prodigieux de l’univers, non pas les mots des origines et inquiétudes de l’humanité. La machine informatique est comme Solaris, cette planète vivante (du livre de Stanislas Lem) que les humains interrogent, en qui ils mettent tant d’espoirs, mais qui, croient-ils, reste toujours silencieuse et ne renvoie, à ceux qui l’approchent, que des reflets mélancoliques d’eux-mêmes. En fait, Solaris parle mais au-delà des humains, par-delà leurs désirs, espoirs, colères.

C’est, en quelque sorte, la relation que nous avons à la machine informatique : la communauté humaine plonge dans la machine informatique mais en celle-ci existent des textes si fondamentaux que les questions sur notre existence n’y ont pas de mesure, que nous ne pouvons les lire qu’à l’aide d’autres machines. Lorsque nous interrogeons la machine informatique, elle ne nous renvoie qu’une image de nos propres échos. Pourquoi? Parce qu’elle ne se réfère pas à notre réel, parce que le monde au sujet duquel elle écrit ses textes nous dépasse, parce que ces textes parlent de l’au-delà de notre entendement. Nous plongeons dans la machine informatique et y cherchons nos réponses alors que les textes qui y sont produits, qui y sont lisibles sont ceux de mondes qui ne nous concernent pas, qui ne nous reconnaissent pas.

Le territoire humain/machine 

Toujours la machine ne nous renvoie qu’une image de son réel, de son abîme. Et c’est pourquoi nous faisons de l’art numérique. L’art numérique est un reflet à la fois de la solitude extrême de l’homme face à la machine et de son désir de trouver, en cette machine, le texte sensible, cohérent, lisible de l’univers qui l’entoure. Car si la machine informatique est un microcosme, alors apprivoiser (de façon sensible) ce microcosme est une façon de rendre lisibles certains des mystères qui nous entourent. Mais comment forcer la machine à parler notre langue? Comment la faire réagir? Comment l’obliger à extraire de ses langages inhumains, irréels, une sensibilité, un texte, des mots que nous pouvons comprendre?

En créant un territoire commun où les langages humains et machines peuvent se rencontrer, dialoguer et s’enchevêtrer. Mais comment créer ce territoire? Voilà la question qui obsède tant d’artistes numériques. Comment créer une « province » humaine/machine où peuvent co-exister les inquiétudes humaines et le réel machine? Selon mon expérience, seul l’enchevêtrement du langage machine et de la poésie permet l’émergence de ce territoire. Pourquoi utiliser la poésie? Parce que je la crois capable de jouer le rôle d’interface entre les langages humains et machines, parce qu’elle est, par son abstraction, par son intérêt pour le rythme et la sonorité, par sa capacité de réfléchir l’universel dans le détail, proche du langage machine. La poésie est de caractère algorithmique. Qui plus est, la voici, bien souvent, portant son regard non pas vers un réel, mais vers un abîme, la carte de l’imaginaire qu’elle produit étant, bien souvent, un territoire qui tend vers un au-delà de l’entendement humain. La poésie permet d’arrimer l’univers machine à l’univers humain.

C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes œuvres les plus récentes. En créant ces œuvres, je me suis posé les questions suivantes : les langages humains et machines peuvent-ils se parler? Est-il possible, ultimement, en utilisant un poème comme point de départ, de créer un territoire humain/machine qui fasse preuve de sensibilité? Peut-on y découvrir des réponses à nos questionnements? Peut-on y examiner la relation de l’humain à la machine? Peut-on, par ce territoire, au moyen de la poésie, extraire de la machine un propos qui sera plus qu’un écho, plus qu’une résonance et qui sera tissé de réponses à nos inquiétudes et détresses? Bref, peut-on, par la relation numérique/poétique, créer un territoire qui appartienne à la fois à la réalité biologique et technologique? Peut-on, par la relation numérique/poétique, re-territorialiser 6?

La terre profane, poésie de la condition inhumaine

Voilà ce que je tente de faire par mon art numérique : créer, par une poésie enchevêtrée au langage informatique, un territoire mi-humain, mi-machine à investir tant intellectuellement qu’émotivement. Cela est-il possible? Je le crois. Car les mondes virtuels, comme la poésie, sont à la fois des cartes et des géographies. Et si la carte permet de traduire l’espace (même numérique, même incohérent), la géographie, elle (même virtuelle), permet de lire cet espace. Par les mondes virtuels, nous plongeons dans des territoires que nous pouvons comprendre, suivre, apprivoiser car ces territoires, même s’ils sont immatériels, sont géographiques. Et tout parcours géographique est linéaire, narratif, tout parcours géographique est une suite logique d’événements qui racontent une histoire. Dans la géographie se lovent le temps, l’espace, la raison (les formes géographiques sont le résultat d’événements précis. Certes, une montagne, dans un monde virtuel, n’est pas la conséquence d’un frottement de plaques tectoniques. Mais la montagne virtuelle fait écho à ces événements, elle marque ce lieu étrange de bornes que nous reconnaissons, elle trace une cohérence dans ce territoire). Dans la géographie se déploie donc un sens biologique. Bref, si les mondes virtuels déterritorialisent (la carte ne se réfère plus à un territoire que nous reconnaissons), ils permettent aussi de reterritorialiser (la carte devient une géographique que nous lisons).

Une reterritorialisation rendue possible grâce aussi au langage. Dans la géographie virtuelle, une nouvelle forme écrite fait son apparition Quand un utilisateur ‘fait’ quelque chose, lorsqu’il survole le monde, lorsqu’il l’explore, s’y enfonce, il ne fait rien d’autre, en fait, que de déclencher une chaîne linguistique (de l’humain à l’interface au système d’exploitation puis au hardware). L’humain désire et de ce désir émerge un acte linguistique (je veux ceci ou cela) qu’il transmet à la machine. La machine « lit » alors le désir et le retranscrit en actions dans le monde virtuel. Ces actions, à leur tour, se réverbèrent sur l’utilisateur et déclenchent en lui d’autres désirs, d’autres actes linguistiques. Entre le geste de l’utilisateur et la réponse du monde qui l’entoure, un dialogue humain/machine s’est créé. Dans les mondes virtuels, l’humain et la machine se parlent littéralement.

La sensibilité inhumaine 

Les mondes virtuels peuvent être un territoire poétique. Dans les mondes virtuels, nous forçons la machine au sensible et au sens. Nous nous déterritorialisons, en partageant langue, géographie et abîme avec la machine afin de nous reterritorialiser dans une province nouvelle, là où la machine est intégrée dans l’interrogation que nous posons sur nos vies, là où la machine participe à la lecture émotive de l’univers.

Et ainsi une nouvelle sensibilité voit le jour : celle de la post humanité, celle de la condition inhumaine. Une sensibilité qui nous propose une humanité différente, étrange, une humanité qui veut rendre l’univers cohérent et compréhensible avec à la fois ses mots et ceux des machines, une humanité qui veut toucher, entendre et parler à sa collectivité non seulement à travers son corps et ses sens mais aussi par les mains, les lèvres et l’ouïe des machines.

Et ainsi une nouvelle textualité voit le jour : celle de l’incohérent rendu sensible. La condition inhumaine n’est pas une apocalypse. Elle suggère plutôt notre pénétration dans un monde fait à la mesure des machines. Cela nous force à nous repositionner, à revoir et repenser la condition humaine (l’être vivant, intelligent, conscient, unique; l’être mesurable, délimitable, dont on peut facilement circonscrire naissance et mort). Mais cela ne veut pas dire qu’une sensbibilité nouvelle n’y est pas possible. Au contraire. Les machines de la condition inhumaine nous font voir le monde d’une façon différente. Elles nous permettent d’avoir accès à d’autres ‘textes’ du monde (comme celui de la théorie des cordes). De plus, elles nous permettent d’expérimenter une nouvelle forme d’art (le numérique entre autres). Cet art permet d’introduire une sensibilité humaine, un questionnement humain, dans la condition inhumaine i.e. dans le monde fait à la mesure des machines. L’art numérique est comme une interface entre les mondes humain et inhumain. Tout comme l’art analogique, l’art numérique ne répond pas au pourquoi de l’existence et de la mort. Tout comme l’art analogique, il ne peut dire pourquoi nous sommes conscients de notre souffrance, de notre présence. Tout comme l’art analogique, il n’est que le questionnement sensible de la métaphysique. Il ne peut nous expliquer pourquoi l’univers existe au-delà de notre entendement. Il ne peut nous rendre intelligible les textes que produisent les machines. Mais il peut rendre ces textes plus sensibles. En forçant la machine informatique à insérer des traces de notre réel (la géographie) dans ses textes en abîme (le numérique), en lui imposant une interface qui résonne de nos inquiétudes (la poésie), nous imposons à ces textes une dimension humaine, une trace de notre présence.

L’art numérique, comme toute forme d’art, est l’expression de notre peur de disparaître sans avoir compris, sans avoir trouvé le sens de ce qui nous entoure. Cette peur, aujourd’hui, s’amplifie par la présence de la machine, par les textes qu’elle produit, par les dimensions de l’univers qu’elle nous fait voir. L’art numérique est tel le souffle du chasseur dans les grottes de Lascaux : il force le sens dans l’insensé, il force la dimension humaine dans l’infini, il force le réel dans l’irréel.

 

NOTE(S)

1 La phrase est de E.O. Wilson : The brain is a machine assembled not to understand itself but to survive.

2 Qu’est-ce que la réalité technologique ? Si la réalité biologique est la perception du monde selon les sens et la physiologie propres à chaque espèce, la réalité technologique est la perception du monde selon les sens humains et technologiques (et j’entends ‘technologies’ selon un sens très large ici : tout ce qui est construction et qui transforme soit la matière soit la perception, bref tout ce qui est machines, moteurs, outils mais aussi langages, sciences et même arts). Que fait la réalité technologique ? Elle permet 1-de simuler le monde (par le langage qui donne naissance aux arts, philosophie, sciences, etc.) et de le rendre, littéralement, lisible et, 2-elle permet de regarder le monde qui nous entoure et d’y voir d’autres tranches du spectre de la réalité Si, par exemple, l’être humain, par la réalité biologique peut facilement définir le vivant et le distinguer du non vivant, cela s’avère beaucoup plus difficile par la réalité technologique. Ainsi, entre un homme et une table, personne, au niveau de la réalité biologique, n’hésite à désigner l’homme comme être vivant et la table comme chose inanimée. Mais, par la réalité technologique, cette certitude est remise en question. Car si la différence entre un homme et une table est claire au niveau de la réalité biologique, qu’en est-il au niveau de la réalité atomique par exemple, là où les distinctions n’existent plus entre l’homme, la table, le mur, la chaise, d’autres êtres humains. Qui plus est, la réalité technologique n’offre pas qu’une seule nouvelle réalité, mais bien d’innombrables réalités inédites (atomique, quantique, cellulaire, macroscopique, etc.) qui s’enchevêtrent les unes aux autres et échappent à toute tentative de hiérarchie (quelle couche de réalité est la plus importante ?).

3 Ainsi que le propose la théorie des cordes.

4 Le physicien américain Brian Greene nomme ‘lettres de la matière’ les particules élémentaires.

5 “Le pixel est l'expression visuelle, matérialisée sur l'écran, d'un calcul effectué par l'ordinateur conformément aux instructions d'un programme. Si quelque chose préexiste au pixel et à l'image, c’est le programme, c'est-à-dire du langage et des nombres, et non plus le réel. C'est pourquoi l'image numérique ne représente plus le monde réel, elle le simule.” (Couchot, p. 40)

6 La déterritorialisation contemporaine est l’absence d’un territoire autre que le territoire machine.

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Couchot, Edmond : « Des représentations à la simulation évolution des techniques et des arts de la figuration.» in Chambat, Pierre, Lévy, Pierre, Les nouveaux outils du savoir, Collection Université d'été, Editions Descartes, Paris, 1991, pp. 33-47

Deleuze, Gilles, Guattari, Félix: Mille plateaux, Les Éditions de minuit, Paris, 1980. 645 p.

Wilson, Edward O.: Consilience: The Unity of Knowledge, Vintage Books, New York, 1998

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).