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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Les textes des mondes machines

Ollivier Dyens

La machine prolonge l’interrogation 

La textualité machine 

Le territoire humain/machine 

La sensibilité inhumaine 

 

NOTE(S)

1 La phrase est de E.O. Wilson : The brain is a machine assembled not to understand itself but to survive.

2 Qu’est-ce que la réalité technologique ? Si la réalité biologique est la perception du monde selon les sens et la physiologie propres à chaque espèce, la réalité technologique est la perception du monde selon les sens humains et technologiques (et j’entends ‘technologies’ selon un sens très large ici : tout ce qui est construction et qui transforme soit la matière soit la perception, bref tout ce qui est machines, moteurs, outils mais aussi langages, sciences et même arts). Que fait la réalité technologique ? Elle permet 1-de simuler le monde (par le langage qui donne naissance aux arts, philosophie, sciences, etc.) et de le rendre, littéralement, lisible et, 2-elle permet de regarder le monde qui nous entoure et d’y voir d’autres tranches du spectre de la réalité Si, par exemple, l’être humain, par la réalité biologique peut facilement définir le vivant et le distinguer du non vivant, cela s’avère beaucoup plus difficile par la réalité technologique. Ainsi, entre un homme et une table, personne, au niveau de la réalité biologique, n’hésite à désigner l’homme comme être vivant et la table comme chose inanimée. Mais, par la réalité technologique, cette certitude est remise en question. Car si la différence entre un homme et une table est claire au niveau de la réalité biologique, qu’en est-il au niveau de la réalité atomique par exemple, là où les distinctions n’existent plus entre l’homme, la table, le mur, la chaise, d’autres êtres humains. Qui plus est, la réalité technologique n’offre pas qu’une seule nouvelle réalité, mais bien d’innombrables réalités inédites (atomique, quantique, cellulaire, macroscopique, etc.) qui s’enchevêtrent les unes aux autres et échappent à toute tentative de hiérarchie (quelle couche de réalité est la plus importante ?).

3 Ainsi que le propose la théorie des cordes.

4 Le physicien américain Brian Greene nomme ‘lettres de la matière’ les particules élémentaires.

5 “Le pixel est l'expression visuelle, matérialisée sur l'écran, d'un calcul effectué par l'ordinateur conformément aux instructions d'un programme. Si quelque chose préexiste au pixel et à l'image, c’est le programme, c'est-à-dire du langage et des nombres, et non plus le réel. C'est pourquoi l'image numérique ne représente plus le monde réel, elle le simule.” (Couchot, p. 40)

6 La déterritorialisation contemporaine est l’absence d’un territoire autre que le territoire machine.

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Couchot, Edmond : « Des représentations à la simulation évolution des techniques et des arts de la figuration.» in Chambat, Pierre, Lévy, Pierre, Les nouveaux outils du savoir, Collection Université d'été, Editions Descartes, Paris, 1991, pp. 33-47

Deleuze, Gilles, Guattari, Félix: Mille plateaux, Les Éditions de minuit, Paris, 1980. 645 p.

Wilson, Edward O.: Consilience: The Unity of Knowledge, Vintage Books, New York, 1998

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).