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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Y a-t-il des traits communs entre l'art préhistorique et l'art actuel?

Éric Clémens

La remise en question, la disparition même de l’art, proclamée çà et là depuis l’insurrection de Tristan Tzara autour de la guerre mondiale, devrait nous pousser à répondre par la négative à une telle question ou même à ne pas la poser, car elle est devenue caduque pour ne pas dire absurde. Et cela, d’autant plus que son application à des « productions » qui remontent à des époques où manifestement l’art n’existait pas en tant que domaine ou activité distincte, est un anachronisme. Nous devrions donc être amenés à porter le soupçon sur l’usage même du mot « art » … Et même si l’on fait abstraction de ce soupçon, ce que la notion d’art recouvre aujourd’hui n’est pas plus qu’un ensemble d’objets culturels, d’une part valorisés par des institutions et des lieux académiques et commerciaux, d’autre part destinés à l’ornementation d’une habitation ou à la collection d’un musée. Pareil ensemble n’existait évidemment pas dans la dite « préhistoire ». Reste que la question, que le mot « art » condense ou symbolise, continue de se poser à travers sa remise en question elle-même.

Pour la remettre à plat, hors du poids de la culture spectaculaire et marchande, deux remarques préliminaires.

Dépense 

Perception 

Préhistoire 

Art Contemporain 

 

NOTE(S)

1 Qui dans « Le sens du monde », Paris, Galilée, 2001, lui donne son sens le plus manifeste : l’existence – le monde n’a pas de sens, il est le sens au sens de l’existence…

2 Pour cette prise de conscience descriptive, dette reconnue et hommage rendu aux livres de Thierry de Duve et en particulier à l’importante introduction qu’il a donnée au catalogue de l’exposition « Voici », Paris, Flammarion, 2001.

3 Lire « Capture totale », de Michaël La Chance, Québec, 2006, PUL, qui, à travers l’analyse de la trilogie cinématographique Matrix, montre la logique de l’auto-simulation qui menace désormais et remplace celle de la représentation…

4 Ces deux pôles se trouvent comme mis en scène par Wim Delvoye à travers ses diverses productions comme par exemple Cloaca ou Convertible Bond ou encore Tatooed pig – Art farm – Beijing.

Convertible Bond, Tatooed pig – Art farm – Beijing et Cloaca

5 Le projet Arapuca propose plusieurs actions de recherches et expérimentations complémentaires basées sur l’idée centrale de capture de phénomènes de nature diversifiée, saisis dans des environnements pluriels par l’utilisation d’interfaces réel/virtuel, pour traiter de l’émergence des formes et des mouvements.

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Eric Clémens poursuit une double activité, de philosophie et de fiction, marquée par la passion des langages, artistiques comme littéraires.

Il a publié entre autres : côté philosophie, La fiction et l'apparaître (aux éditions Albin Michel, coll. Bibliothèque du Collège International de Philosophie, Paris, 1993) et Façons de voir (aux Presses Universitaires de Vincennes, coll. Esthétique/hors cadre, Paris, 1999) ; côté fiction, De r'tour (aux éditions TXT, Paris-Bruxelles, 1987) et une narration L'Anna (Montréal, 2003, éd. Le Quartanier).

Il a mené avec le peintre Claude Panier des entretiens parus sous le titre Prendre Corps (aux éditions Artgo, Bruxelles, 1992). Il a publié un choix des Écrits de Magritte avec une postface : Ceci n’est pas un Magritte, éditions Labor, coll. Espace Nord, Bruxelles, 1994. Il publie avec le peintre Joël Desbouiges un livre illustré Après Rembrandt, aux éditions Les Affinités, Paris, février 2007.

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).