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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Vers le virtuel… D’un état à l’autre : de la contemplation à l’immersion

Sandrine Maurial

Jouant sur une intime hybridation entre réel et virtuel, à la marge des interfaces, il ouvre sur une nouvelle esthétique.
Sous ses dehors technologiques contemporains, et jusque dans ses glissements de sens, la thématisation du virtuel ne cesse d’interroger la très ancienne problématique du passage de la puissance à l’acte qui, d’Aristote à Leibniz et Bergson, n’a cessé d’irriguer la pensée philosophique occidentale. 1
Edmond Couchot à propos de la définition du mot « virtuel ».

Le mot virtuel vient du latin virtus qui signifie vertu, force, énergie. Le virtuel nous propose une autre expérience du réel. L’ère des nouveaux médias induit une autre forme de pratique artistique : elle permet des langages inattendus, des manières inhabituelles d'aborder l'expression et la création actuelle. Une des composantes principales de l’art virtuel se retrouve dans l’art interactif qui se présente comme « une forme d'art sollicitant l'interaction du spectateur par la manipulation de divers accessoires (souris, écran tactile, objets divers) mettant en marche un dispositif préprogrammé par l'artiste 2 ». Mais ce récent courant artistique n’apparaît pas sans aucun précédent historique. Dès 1920, l’artiste Marcel Duchamp crée Rotative plaque verre. Cette oeuvre offrait déjà un exemple d’interaction avec la machine puisque elle incitait le spectateur à mettre en marche la mécanique optique. Par la suite, les événements Fluxus et les happenings des années 60 impliqueront aussi la participation du public. Aujourd’hui, le spectateur n’est plus passif, il est actif et acteur via une interface.

Rotative plaque verre, Marcel Duchamp, 1920

Du passif à l’actif 

Du virtuel entre théâtralité et picturalité 

Au cœur de l’image : interaction et autonomisation 

Du solide au fluide dans l’œuvre de Sophie Lavaud 

Virtualisation du réel 

 

NOTE(S)

1 COUCHOT Edmond, « Le virtuel », Grand dictionnaire de la philosophie, Editions Larousse, Paris, 2003.

2 Dictionnaire des arts médiatiques, Louise Poissant dir., Presses de l’université du Québec, Sainte-Foy, 1997, p. 18.

3 COUCHOT Edmond, La technologie dans l’art, Editions Jacqueline Chambon, Nîmes, 1998, p. 196.

4 BOURRIAUD Nicolas, L’esthétique relationnelle, Editions les Presses du réel, paris, 1999, p. 18.

5 COUCHOT Edmond, « La mosaïque ordonnée ou l’écran saisi par le calcul », Esthétique des arts médiatiques, Tome 1, presses de l’Université du Québec, 1995, p. 190.

6 CHAZAL Gérard, Interfaces. Enquêtes sur les mondes contemporains, Editions Champ Vallon, Seyssel, 2002, p.14.

7 RENAUD Alain, « Le visible et l’imaginaire numérique » Esthétique des arts médiatiques, Tome 1, Presses de l’Université du Québec, 1995, p.232.

8 VIRILIO Paul, La bombe informatique, Editions Galilée, Paris, 1998, p. 144.

9 COUCHOT Edmond, « La mosaïque ordonnée ou l’écran saisi par le calcul », Esthétique des arts médiatiques, Tome 1, Presses de l’Université du Québec, 1995, p. 183.

10 « Technologie propre aux systèmes informatiques visant à créer des environnements qui simulent le monde naturel ou un monde imaginaire et qui donnent à l'utilisateur l'impression de la réalité », Dictionnaire des arts médiatiques, op.cit., p. 283.

11 COUCHOT Edmond dans L’Art à l’âge électronique, Franck Popper, Editions Hazan, Paris, 1993, p. 115.

12 COUCHOT Edmond, « Sujet, Objet, Image », Cahiers internationaux de sociologie, n°82, 1987, p. 85-98.

13 ASCOTT Roy, “Glossaire”, Connexions. Art, réseaux, media, Editions ENSBA, Paris, 2002, p. 183.

14 QUEAU Philippe, Le virtuel. Vertus et vertiges, Editions Champ Vallon, Seyssel, 1993, p. 9.

15 COUCHOT Edmond, Grand dictionnaire…, op. cit.

16 DELEUZE Gilles, L’image-temps, Editions Minuit, Paris, 1985.

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Sandrine Maurial est doctorante en arts, histoire, théorie et pratique à l'université de Bordeaux III.

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).