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                 • • •  revue d'art en ligne : arts médiatiques & cyberculture


Le net.art à travers l’interactivité directe et indirecte

Mylène Cabana

Parler d'interactivité avec les oeuvres du net.art va de soi. Peu importe leur composition ou leur fonctionnement, elles ont besoin, à la base, d'être activées par le participant. L'affirmation de Marcel Duchamp : « C’est le regardeur qui fait l'œuvre » s'applique parfaitement au net.art.

Il y a, selon mes observations, deux types d'interactivité dans les œuvres net.art : l'interactivité directe et l'interactivité indirecte. Cette distinction est élaborée d'après la participation réelle et mentale d'Edmond Couchot 1. L'interactivité directe ou indirecte requiert de la part du participant une interaction plus ou moins grande. Ce qui les distingue est la valeur de transformation réelle qu'elles apportent à l'œuvre.

L'interactivité directe est présente lorsque le participant est invité à insérer des éléments nouveaux dans l'œuvre, à y laisser sa trace. Ce qu'il ajoute à l'œuvre doit par ailleurs être personnel. Par exemple, un texte qu'il a écrit ou l'insertion de nouvelles images.

L'interactivité indirecte se remarque lorsque le participant travaille à partir d'éléments présentés dans l'œuvre sous forme d'une banque de données, et non à partir d'éléments qui lui sont personnels. Lorsqu'il exécute, par exemple, des tâches programmées par l'œuvre : naviguer dans l'œuvre, activer des éléments, etc., dans un ordre précis ou aléatoire.

Je compte me pencher sur ces deux types d'interactivité pour démontrer de quelles façons l'œuvre net.art crée un effet d'intimité avec ses participants. L’interactivité directe et indirecte présentent en effet des relations d'intimité différentes.

Le rapport d'intimité entre le participant et l'œuvre débute souvent par l'action de celui-ci dans les recherches qu'il effectue afin de trouver l'œuvre avec laquelle il va interagir. Le participant établit son choix selon des facteurs d'ordre esthétiques ou thématiques, et relativement à l'interactivité proposée. Ce choix étant fait, le participant se retrouve seul à seul avec l'œuvre et passe un moment privé avec elle via l'ordinateur. Habituellement, l'œuvre net.art ne permet qu'à un seul utilisateur d'intervenir avec elle. Même s'il peut y avoir plusieurs participants à la fois qui expérimentent l'œuvre, chacun interagira seul devant son écran. Bien que cette interaction semble relevée de la sphère privée, elle dévoile aussi une coexistence avec la sphère publique, car les interventions des participants sont diffusées sur Internet, ce qui les rend accessible à tous.

L'interactivité directe 

L'interactivité indirecte 

Conclusion 

 

NOTE(S)

1 Édmond Couchot. 1998. «Participation et déconstruction» in La technologie dans l’art. Nîmes : Édition Jacqueline Chambon, p. 84-102. Couchot présente la participation mentale comme la participation à une situation perceptive, alors que la participation réelle est plutôt l’association du participant et de l’œuvre par des possibilités de rétroaction : sollicitations, manipulations.

2 www.mouchette.org

3 www.ciac.ca/magazine 1996

4 Jean Jacques Wunenburger. 1985. Freud. Balland : Paris, p. 151

5 Thing.net/~saward/erase

6 www.diacenter.org/claerbout/

7 www.diacenter.org/shimabuku/

8 www.oss.jodi.org

 

NOTICE BIOGRAPHIQUE

En mai 2003, dans le cadre du 71e Congrès de l’ACFAS, s’est tenu le colloque « Enjeux actuels de l’art web » dont les actes sont publiés dans le présent numéro d’archée. Ce colloque réunissait des chercheurs, artistes et critiques s’intéressant aux stratégies artistiques des productions hypermédiatiques et proposant des réflexions esthétiques visant à les inscrire dans l’histoire de l’art comme point de continuité et/ou rupture.
Le colloque Enjeux actuels de l’art Web a été parrainé par Groupe de recherche sur les œuvres hypermédiatiques de l’UQAM.

 

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Cette publication a été rendue possible grâce au soutien financier d'Hexagram, du groupe de recherche des arts médiatiques (GRAM), de la Faculté des arts de l'UQAM, de la Chaire du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM (CEP), ainsi qu'à une subvention, pour une quatorzième année consécutive, du Conseil des arts du Canada (CAC).